Opportunité à saisir avec les légumineuses

Avoir des tests d’évaluation à l’entrée chez nos transformateurs pourrait mieux nous guider

Publié: il y a 3 heures

Opportunité à saisir avec les légumineuses

Le dossier des lentilles canadiennes avec des traces de glyphosate, ça vous dit quelque chose? Allez voir l’article publié dans La Presse le 12 nov. 2025 de Stéphanie Bérubé. Il me semble que je n’ai pas entendu beaucoup de réactions ou d’interrogations.

Oui, on sait que la technique est homologuée. Par contre, je ne suis pas certain que c’est le produit lui-même qui est en cause. Quand on applique ce genre de produit, on doit respecter l’étiquette à la lettre. Et probablement un peu plus. Qu’on parle du DAA (délai avant récolte) qui peut être étiré si les conditions météo de base ne sont pas respectées… Et ne surtout pas négliger le pourcentage de feuilles désséchées avant même de pouvoir faire le traitement. C’est précis et ça porte à interprétation.

On peut donc se poser la question : pourquoi on retrouve des traces de pesticides dans les lentilles ou autres légumineuses? Oui, on peut se bomber le torse en se disant que nous sommes en bas des maximum autorisés et acceptés par le milieu scientifique. Par contre, il n’y a rien qui nous empêche de faire mieux.

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Quand je vois la façon dont les défoliants sont utilisés dans certaines régions, je me dis qu’on est déjà plusieurs agriculteurs à réussir des récoltes sans traces de pesticides sans le savoir. Alors on pourrait se poser la question, pourquoi on ne fait pas tester nos grains à l’entrée afin de déterminer les niveaux de traces? On pourrait mieux comprendre si notre évaluation au champ était parfaite. C’est pourtant tout ce qu’on fait pour plusieurs cultures qui se dirigent vers l’alimentation humaine.

Exemple pour le blé et le soya, on a des tests laboratoires sur chaque lot de grains. Différents critères de qualité boulangère, de protéine, de présence de toxine, fusariose, d’ergot (puissant hallucinogène) avec des normes maximales connues. Si un seul des facteurs est en défaut, le lot de grain est carrément refusé.

On peut même se voir annuler une récolte de petits pois verts si on y retrouve du blé. Non pas que le blé soit néfaste pour la santé en général, mais bien parce que quelqu’un d’intolérant au gluten ne s’attend pas à une réaction allergène en mangeant des petits pois verts.

Alors pourquoi on n’a pas ce genre de test avec nos légumineuses? La réponse : les équipement laboratoires sont chers! Pourtant, ça prend ce qu’il faut pour arriver à garantir certaines caractéristiques recherchées par nos consommateurs. On pourrait probablement en tirer profit.

Le simple fait d’avoir des tests d’évaluation à l’entrée chez nos transformateurs pourrait mieux nous guider. On aurait la possibilité d’ajuster le tir si, après quelques années avec d’excellents résultats, on se retrouve dans le haut de la norme. Au moins on pourrait le savoir.

Pensez-y! Est-ce qu’on est content quand notre blé frôle la limite maximale de fusariose, de toxine? Que notre soya IP test positif aux OGM? Non pas que les OGM sont néfastes, mais bien parce qu’on a développé un marché sans OGM pour répondre aux souhaits du consommateur avec une prime qui s’y rattache.

On dirait que dans le marché des légumineuses « on dort au gaz »! Un marché en plein développement en plus. On devrait en profiter pour se démarquer afin de combler ces besoins du marché.

On devrait avoir des centres de recherche qui pourraient sur une base neutre vérifier l’efficacité des différents défoliants du côté de leurs performances et aussi des évaluations des traces qu’ils peuvent laisser dans le produit. Ce serait déjà un excellent début.

Et juste pour nous piquer l’orgueil un peu. Les agriculteurs biologiques les réussissent sans produit. On a sûrement les moyens d’y arriver nous aussi. L’important pour nous, c’est de retrouver le moins de traces possible en espérant arriver à zéro trace. Et ce sans empêcher la norme maximale.

C’est une question de ségrégation des grains par grade de performance. Donc l’idée de primer la réussite donnerait encore plus le goût aux agriculteurs.trices de faire les efforts pour y arriver. Présentement ceux qui réussissent sans le savoir servent à diluer les lots où il y en a peut-être un peu plus.

Quelques trucs

-La première action, c’est d’essayer de ne pas en appliquer (dites-vous que ça fonctionne pour les producteurs bio, alors pourquoi pas?).

-Si on utilise les produits défoliants, il faut porter attention aux conditions inscrites sur l’étiquettes tout en se méfiant des conditions météo.

-Que les lots de grains soient analysés sur la présence de pesticides et primer pour récompenser l’agriculteur (test à l’entrée).

On peut aussi noter que l’utilisation des défoliants est homologuée pour utilisation pour plusieurs cultures. Que le milieu scientifique s’occupe de déterminer ce qui serait « sans risques » scientifiquement.

Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas faire mieux! En plus, on sait très bien qu’on est capable de le faire!

Profession agriculteur

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Paul Caplette

Paul Caplette

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.