157 M $ pour l’autonomie alimentaire du Québec

Québec passe de la parole aux actes en annonçant un investissement de 157 M$ dans le but d’accroître l’autonomie alimentaire de la province. Les sommes d’argent serviront à « améliorer la productivité des entreprises du secteur bioalimentaire québécois et à en augmenter le nombre ». De plus, le gouvernement veut profiter de l’engouement pour l’achat local à la suite de la pandémie pour augmenter les parts de marché des entreprises d’ici.

Le gouvernement lance aussi le défi à 12$. L’achat par chaque ménage de produits d’ici en épicerie ou en restaurant par semaine se traduirait par une hausse d’un milliard de dollars par année de la demande auprès des agriculteurs, des pêcheurs et des transformateurs alimentaires québécois.

« L’importance du secteur bioalimentaire a été mise à l’avant-plan dès le début de la pandémie de COVID-19. Bon nombre de consommateurs ont pris conscience de l’importance d’acheter local. Il est important pour le gouvernement de renforcer la capacité du Québec à alimenter ses citoyens et ses citoyennes avec des produits d’ici », indique le MAPAQ dans son communiqué de presse.

Québec anticipe la création de 3800 emplois avec les investissements annoncés.

Les principales actions du gouvernement visent à compenser pour deux importants facteurs limitant la croissance du secteur agroalimentaire et de la transformation, soit le manque de main-d’œuvre et la productivité. Une part importante des sommes annoncées, soit 92,5 M$, serviront donc à financer dans les deux prochaines années les investissements des entreprises en robotisation, en automatisation et en amélioration des standards de qualité. Québec souhaite ainsi accélérer l’adoption de technologies et l’acquisition d’équipements.

Le programme Productivité végétale du MAPAQ sera en charge d’octroyer l’aide financière qui sera bonifiée. Le ministère indique aussi que l’aide devrait être plus accessible et les projets pourront être déposés en tout temps.

Un autre montant de 24 M$ sera géré par La Financière agricole pour accélérer les investissements agricoles. Elle devrait bonifier « significativement son niveau d’intervention dans des dossiers complexes et à risque élevé ».

Le MAPAQ annonce de plus l’embauche de 48 conseillers en financement, dont le mandat sera « d’aller sur le terrain, dans l’ensemble des différents secteurs de production et régions, pour permettre la concrétisation de nouveaux projets d’investissement. Une attention particulière sera apportée aux entreprises en démarrage et aux secteurs émergents », souligne-t-on.

Le gouvernement souhaite aussi investir « pour développer les filières sectorielles qui ont un fort potentiel d’accroissement de l’autonomie alimentaire » en soutenant leur développement et en renforçant la coordination entre les différents acteurs de ces filières. La production et la transformation au Québec de fruits et de légumes, de bœuf ainsi que de céréales pour l’alimentation humaine sont particulièrement visées.

Enfin, l’achat local fera l’objet de campagnes de publicité. La promotion des produits québécois jouira d’un budget total de 17,5 M$, par le biais d’Aliments Québec et ses déclinaisons. De nouvelles manières d’identifier les produits québécois devraient faire leur apparition en magasin et les initiatives en région devraient être encouragées. Pour le milieu institutionnel, la Stratégie nationale d’achat d’aliments québécois, annoncée le 22 septembre, pourra profiter de 5,9 M$ additionnels.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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