Appui à la gestion de l’offre : le fédéral doit passer de la parole aux actes

Québec (Québec), 13 avril 2005 – « Avec la gestion de l’offre, le Canada a un bon système. Nos politiciens le reconnaissent, signent des déclarations d’appui, sauf que le gouvernement fédéral ne passe pas aux actes. Le temps est venu de poser des gestes concrets. » Ce constat, le président de la Fédérationdes producteurs de lait du Québec (FPLQ), Marcel Groleau, l’a fait ce matinaux 150 délégués, représentant les 7 650 producteurs réunis à Québec àl’occasion de l’assemblée générale annuelle de la FPLQ.

Le gouvernement canadien s’est engagé formellement à appuyer et àdéfendre la gestion de l’offre. Les chefs des quatre principaux partispolitiques fédéraux ont signé en juin 2004 la Déclaration d’appui à la gestionde l’offre. Plus récemment, le congrès du Parti libéral du Canada adoptait unerésolution afin que le gouvernement s’acquitte concrètement de son engagement.« Ces gestes constituent un pas dans la bonne direction mais sont loin desuffire », souligne M. Groleau.

L’efficacité de la gestion de l’offre dépend largement du contrôleadéquat des importations. Or, l’attitude canadienne à l’Organisation mondialedu commerce (OMC) soulève les plus vives inquiétudes chez les producteurs delait. Les négociations en cours visent à définir les modalités d’applicationde l’accord cadre sur le commerce agricole, adopté en juillet 2004, et rien negarantit que le Canada obtiendra le droit de maintenir un contrôle tarifaireefficace dans ce processus.

Pour le président de la FPLQ, certains signaux laissent à penser que leCanada pourrait accepter une réduction des tarifs hors contingents desproduits laitiers. « En jouant la carte de l’ouverture des marchés comme moyend’assainir le commerce des produits agricoles, le Canada sera l’un des paysles plus pénalisés au sortir de cette ronde de négociation. Car il ne faitplus de doute que l’Europe et les Etats-Unis vont continuer de contrôlerl’accès à leurs marchés et de subventionner largement leur agriculture »,prévient M. Groleau. Toute concession sur le niveau des tarifs estinacceptable pour la FPLQ car elle rendrait impossible le contrôle desimportations et placerait les producteurs de lait québécois et canadiens à lamerci des subventions américaines et européennes.

Le Canada doit aussi exiger que les négociations de l’OMC lient lesdiscussions sur l’accès aux marchés à celles des subventions agricoles. Uneposition que défend le consultant Peter Clark, de Grey, Clark, Shih etAssociés qui vient de réaliser une étude sur le soutien agricole aux Etats-Unis pour le compte des Producteurs laitiers du Canada. M. Clark a présentéles résultats de sa recherche à l’assemblée de la FPLQ.

« C’est l’heure de vérité pour la gestion de l’offre et l’avenir de nosfermes. L’heure est aux gestes concrets, à moins que le gouvernement canadien,les élus et les fonctionnaires, aient déjà décidé de faire subir à laproduction laitière le même sort que l’industrie textile. Les productions sousgestion de l’offre ne causent aucun désordre sur le marché mondial et leCanada n’a pas de raison de ne pas se tenir debout », a mis en garde leprésident de la FPLQ.

La Fédération des producteurs de lait du Québec a pour mission de mettreen marché le lait des quelques 7 650 fermes laitières québécoises et dedéfendre les intérêts de ses membres. Au Québec, la production laitière génèredes recettes annuelles de 1,9 milliards des dollars et procure de l’emploi à47 000 personnes.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

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