Bruxelles ne réduira pas les dépenses agricoles avant 2006

France, 26 juin 2002 – Franz Fischler, commissaire européen chargé de l’agriculture n’envisage pas de réduire l’enveloppe de dépenses agricoles fixée à 45,5 milliards d’euros par an (environ) pour la période 2000-2006. En revanche, il veut plafonner les aides (à 300 000 euros par exploitation) et les découpler du niveau de la production. Un système exactement inverse de celui que les Etats-Unis viennent d’adopter pour six ans en votant leur nouvelle loi agricole. Bruxelles vise avant tout à casser le lien qui existe entre la taille des exploitations, l’importance du cheptel et le montant des subventions pour sortir d’une logique productiviste.

Les économies réalisées sur les aides à la production seraient affectées au développement rural et à la protection de l’environnement, qui bénéficieraient d’un doublement de leurs moyens financiers d’ici à 2010. Ce sont en fait 20% des aides à la production qui seraient ainsi transférés vers le développement rural sur six ans à partir de 2004. Les pays membres sont partagés en deux groupes, dont l’un est guidé par des considérations budgétaires et souhaite voir réduire le budget agricole dans son ensemble. On y trouve l’Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Danemark. Dans l’autre groupe, on trouve notamment la France qui veut maintenir l’effort financier en faveur des agriculteurs. Une première série de discussions devrait avoir lieu jeudi dans le cadre du conseil des ministres de l’Agriculture européens à Luxembourg.

Sur un budget de 43,6 milliards d’euros consacré à la politique agricole commune, les Français perçoivent 9,4 milliards, les Espagnols 6,8 milliards, les Allemands 6,2, les Britanniques 4 et les Néerlandais 1,1 milliard, sachant que ces montants sont fonction des contributions des budgets nationaux aux caisses européennes. C’est ce qu’on appelle «le retour». Sur les 43,6 milliards, 6 milliards ont été affectés au développement rural.

Source : Les Échos

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