Budget fédéral : réaction de l’UPA

Longueuil (Québec), 2 mai 2006 – « Alors qu’Ottawa avait pris l’engagement très clair de soutenir les producteurs en pleine crise des revenus, voilà que le gouvernement Harper nous livre un budget incomplet, qui reconnaît partiellement le niveau de difficulté aigu du secteur agricole canadien mais qui n’apporte pas de solutions précises et prévisibles. On se serait attendu à plus. »

C’est en ces termes qu’a réagi M. Laurent Pellerin, président de l’Uniondes producteurs agricoles (UPA), au budget déposé cet après-midi par leministre des Finances du Canada, M. Jim Flaherty.

L’aide spéciale de 1,5 milliard de dollars pour la sécurité du revenuannoncée aujourd’hui par le gouvernement Harper constitue un pas dans la bonnedirection mais demeure quand même en deçà des besoins des agriculteurs quiréclamaient rien de moins que le respect des engagements électoraux desConservateurs. Lors de la dernière campagne électorale, le parti de M. Harperavait promis 500 millions de dollars de plus que les Libéraux, soit2,25 milliards de dollars par année.

« Outre cette aide spéciale visant à renflouer le manque à gagner dans lesrevenus nets occasionné par des programmes inadéquats, les producteursréclament également la mise sur pied d’une véritable politique agricolestructurante qui permettra le maintien et le développement de la compétitivitéde l’agriculture canadienne », de poursuivre M. Pellerin.

Rappelons que le 5 avril dernier, plus de 3 000 agriculteurs etagricultrices du Québec se sont joint à leurs milliers de confrères etconsoeurs des autres provinces pour rappeler à M. Harper que l’agriculturecanadienne était en crise. Et pour s’assurer que le message était biencompris, plus de 20 dirigeants agricoles du pays ont adressé au Premierministre une lettre l’enjoignant de respecter ses engagements électoraux afind’assurer la survie de notre secteur agricole et maintenir la souverainetéalimentaire du Canada.

Pour le président de l’UPA, « M. Harper connaît très bien la situationprécaire des agriculteurs. C’est tout de même Agriculture Canada qui prévoitune chute des revenus pour les producteurs canadiens de 50 % par rapport à2005 et de 81 % par rapport à 2004. Pendant ce temps, les agriculteursaméricains enregistrent des revenus records, forts des lourdes subventions deleur gouvernement. »

Les attentes étaient au plus haut, notamment dans le secteur descéréales, qui a un urgent besoin de liquidité en raison de l’effondrementdramatique des prix, et le secteur bovin, toujours touché par la crise del’ESB alors que les frontières américaines sont encore partiellement ferméesau bétail canadien. Les éleveurs s’attendaient à un soutien particuliertouchant les abattoirs, les bovins de réforme et la génétique supérieure. Onsouhaite trouver les aides nécessaires dans le présent budget qui laisseencore beaucoup de questions sans réponse.

L’UPA reconnaît toutefois l’effort du gouvernement canadien en ce qui atrait à l’industrie vinicole qui bénéficiera d’un allégement des droitsd’accise sur les vins fabriqués entièrement à partir de produits cultivés auCanada, une mesure qui devrait stimuler la compétitivité des petitsproducteurs.

Dans les prochaines semaines, il faudra demeurer vigilant et s’assurerque l’aide spéciale de 1,5 milliards de dollars annoncée par Ottawa serarépartie équitablement entre les provinces et ira véritablement auxproducteurs qui en ont besoin. Pour M. Pellerin, « de la part d’un gouvernementqui paraît sensible aux spécificités des provinces, on a bon espoir. Lesagriculteurs québécois n’ont pas oublié comment, du dernier programme fédéralde 755 millions de dollars, ils n’ont reçu qu’un maigre 42 millions. Cettefois, ils veilleront à ne pas demeurer en reste et à recevoir leur part justeet équitable. »

« La rencontre des ministres provinciaux de l’agriculture avec leurhomologue fédéral en juillet prochain sera déterminante. Nous attendonstoujours la réforme de la politique agricole canadienne promise par Ottawa.Les ministres n’auront d’autres choix que de s’entendre. Et nous serons làpour veiller au grain », de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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