Budget Marois : les producteurs restent sur leur appétit

Longueuil (Québec), 12 mars 2003 – « Les producteurs appréhendent des pertes de revenus encore cette année et restent sur leur appétit avec le budget Marois. » C’est en ces termes qu’a réagi M. Laurent Pellerin, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), au budget provincial.

Les derniers chiffres d’Agriculture et Agroalimentaire Canada le confirment : les revenus nets des producteurs agricoles risquent d’afficher une chute de près d’un quart de milliard en 2002 et 2003 ne s’annonce pas mieux. « On nous présente un budget qui consacre à l’agriculture des sommes sensiblement les mêmes que l’année dernière alors que les exigences envers les producteurs s’additionnent sans cesse, déplore M. Pellerin. Les producteurs en ont assez de voir baisser leurs revenus et augmenter leurs coûts de production. À quand un soutien financier à la hauteur de la charge qui nous est imposée? »

Pas d’argent neuf pour le programme de remboursement de taxes, qui demeure pour 2003–2004 au même niveau que l’an précédent, soit à 78 millions de dollars. Pourtant, il faudrait 9 à 10 millions de plus pour absorber les conséquences des transferts fiscaux, particulièrement celles rattachées au financement des services municipaux qui imposent aux producteurs une facture de plus en plus exorbitante.

Par ailleurs, même si le gouvernement prévoit un apport additionnel de 10 millions de dollars en environnement, ce montant est nettement insuffisant compte tenu des défis exigés des producteurs qui résultent d’un ensemble de nouvelles réglementations imposées au cours des derniers mois. Le Règlement sur les exploitations agricoles (REA), le Règlement sur le captage des eaux souterraines, le Code de gestion des pesticides, la Politique de protection des rives et des plaines inondables, la Directive relative à la détermination des distances séparatrices relatives à la gestion des odeurs en milieu agricole, autant de nouvelles obligations, autant d’efforts qui ajoutent à la tâche et à la facture, mais pas aux revenus des agriculteurs.

Mais il y a quand même quelques bonnes notes au tableau. M. Pellerin a souligné les efforts pour soutenir le développement de produits de niche et du terroir de même que pour la valorisation de nos productions sur les marchés extérieurs. Il voit également d’un bon oeil les sommes prévues pour l’appui à l’industrie serricole québécoise.

« Si le budget présenté hier démontre une certaine préoccupation du gouvernement vis–à–vis du monde agricole, il est clair que l’argent n’est pas à la hauteur des exigences. À la veille des élections, le monde agricole va interpeller les candidats de tous les partis politiques et des choix devront être faits », conclut Laurent Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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