Chenilles vs pneus

Chenille ou pneu, qui l’emporte? La réponse n’est pas simple. Comment nous avons pu le constater à la suite de la conférence du Bulletin des agriculteurs au Salon de l’agriculture la semaine dernière, cette question fait l’objet de discussions passionnées!

PHOTO : André Dumont

Dans une étude de 2005 de l’Université de l’Ohio, des chercheurs ont démontré que des roues doubles avec des pneus gonflés adéquatement provoquaient légèrement moins de compaction que des chenilles, avec le même modèle de tracteur.

Une autre étude, réalisée à partir d’essais en 2009 en Suède, met sur un pied d’égalité les chenilles et les pneus de roues jumelées au chapitre de la compaction du sol. Nicolas Dubuc, ingénieur junior chez Soucy Track, apporte d’emblée une nuance : dans ces deux études, les tracteurs étaient chaussés des bons pneus pour leur poids et leur puissance. « Trop souvent trouve-t-on au Québec des tracteurs de plus de 250 ch avec des pneus beaucoup trop petits », dit-il.

D’après Georges Lamarre, ingénieur agricole au MAPAQ, des pneus doubles gonflés selon les recommandations du manufacturier offrent une bonne capacité portante, capable d’atténuer la compaction. Pour ceux qui ne sont pas disposés à investir dans des chenilles, la gestion de la pression des pneus est la technique la plus facile à adopter si l’on souhaite réduire la compaction.

Les avantages des chenilles se trouvent beaucoup plus du côté traction et glissement, fait valoir Nicolas Dubuc. « Pour la même charge tirée, le tracteur glissera beaucoup moins et sera donc capable de tirer plus de charge et d’effectuer plus de travail. » Il devient donc possible de réaliser le même travail avec un tracteur moins puissant, donc de plus petit gabarit et moins pesant.

L'ingénieur junior Nicolas Dubuc, concepteur chez Soucy Track. PHOTO : Marie-Josée Parent

Le glissement est une source de compaction et on veut l’éviter au maximum, surtout dans un système de gestion contrôlée de la compaction dans lequel on circule toujours aux mêmes endroits, a fait valoir Clay Mitchell, producteur de l’Iowa invité à la conférence du Bulletin. « Le glissement rend plus profondes les ornières. La forme des pneus fait remonter la terre sur chaque côté, ce qui aggrave le problèmes des ornières. »

De plus, il s’avère que chenilles marquent beaucoup moins que des pneus. La formation de traces et l’enfoncement sont une fonction de la charge et de la longueur de contact au sol, explique Nicolas Dubuc. Les chenilles seraient en mesure de diminuer jusqu’à cinq fois l’enfoncement en comparaison à des pneus de bon volume.

Malgré ces avantages, tout n’est pas parfait avec les chenilles. Leur tension doit être bien ajustée, il existe des pics de pression sous les roues et la pression au sol n’est pas uniforme sur toute leur longueur et leur largeur.

Un compte rendu de la conférence vous sera présenté dans le numéro de mars du Bulletin des agriculteurs. Un article plus approfondi comparant les pneus et les chenilles suivra.

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