Comprendre les pertes d’azote

Cette année, plusieurs champs de maïs ont manqué d’azote, non pas à cause d’applications insuffisantes, mais plutôt par perte dans l’environnement en raison du temps pluvieux.

Comment se produisent ces pertes d’azote? Voici de l’information tirée du Bulletin grandes cultures de septembre du ministère de l’Agriculture de l’Ontario.

Dans des conditions pluvieuses, les pertes d’azote sont attribuables à deux phénomènes : la dénitrification et le lessivage. Comme c’est l’azote des nitrates qui se perd, plus les quantités de nitrates présentes dans le sol sont importantes lorsqu’il pleut, plus il y a de pertes d’azote par l’un ou l’autre phénomène. La prédominance de l’un ou l’autre de ces phénomènes dépend du drainage.

Source : Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de l'Ontario

Source : Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario

Lessivage
Dans un sol bien drainé, les pertes d’azote sont principalement causées par le lessivage. Quatre-vingts millimètres (3 po) de pluie lessiveront d’une couche arable de texture légère la majeure partie de l’azote présent dans le sol sous la forme de nitrates. Si le sous-sol est pénétré par des racines, l’azote des nitrates demeure assimilable par la culture. Cependant, s’il pleut davantage, l’azote des nitrates se déplace plus profondément dans le profil de sol et devient hors d’atteinte des racines.

Dénitrification
Dans un sol mal drainé, les pertes d’azote s’expliquent surtout par la dénitrification. La dénitrification est un phénomène de conversion des nitrates en azote gazeux (N2) ou en oxyde de diazote (N2O), lesquels sont libérés dans l’atmosphère. La conversion se produit sous l’action de bactéries lorsqu’un sol est appauvri en oxygène (conditions anaérobies), c’est-à-dire en la présence de zones d’accumulation d’eau.

Volatilisation
Le troisième phénomène entraînant des pertes d’azote est la volatilisation. Dans ce cas, l’azote du sol est libéré dans l’atmosphère sous la forme de gaz ammoniac. L’urée est sensible à la volatilisation. L’azote de l’urée demeure fixé aux atomes de carbone. Durant la conversion de l’urée en ammonium, l’uréase sépare le NH2 du carbone. Jusqu’à la moitié de l’azote uréique peut être perdue par volatilisation si l’urée est laissée à la surface. Même l’urée épandue en bandes latérales est sensible à la volatilisation. Jusqu’au tiers de l’azote uréique appliqué en bandes peu profondes peut se volatiliser. Ce phénomène se produit parce que la conversion du NH2 en NH4 utilise jusqu’à deux ions H+. L’augmentation du pH qui résulte fait augmenter encore plus la quantité d’ammonium qui se transforme en gaz ammoniac.

Lisez l’article au complet, avec des informations sur la réduction des pertes d’azote.

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