Consultation budgétaire : l’agriculture doit redevenir une piorité de l’État

Montréal (Québec), 12 février 2004 – « Alors que les agricultrices et les agriculteurs du Québec composent avec la pire crise du revenu de leur histoire, il est temps que l’agriculture redevienne une priorité de l’État. »

Tel est le message que le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, a livré au ministre des Finances du Québec dans le cadre de ses consultations prébudgétaires.

M. Pellerin a profité de cette occasion pour rappeler au ministre que son parti s’était engagé à poser certains gestes lors de la dernière campagne électorale, notamment par une augmentation de la part du budget provincial alloué à l’agriculture, une refonte du programme de remboursement des taxes foncières, la mise en place de solutions équitables et justes à propos de la main-d’oeuvre et l’allègement des normes contraignantes. Autant de promesses qui n’ont pas nécessairement trouvé écho dans les faits.

M. Pellerin a d’abord pointé la baisse substantielle des dépenses du gouvernement provincial destinées au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, une diminution de 10 % au cours des 12 dernières années, passant de 705 M$ en 1990-1991 à 633 M$ en 2003-2004. Seulement 1,2 % du budget total provincial est aujourd’hui consacré à l’agriculture, soit une baisse de 39 % par rapport à la situation d’il y a 12 ans. M. Pellerin a donc plaidé en faveur d’un réinvestissement majeur du gouvernement du Québec en agriculture.

Par ailleurs, les agriculteurs réclament un appui aux outils de mise en marché collective, et ce, dans un contexte particulièrement difficile où leur revenu net s’est considérablement détérioré, chutant de 50 % de 2001 à 2002 et ne laissant entrevoir aucun signe d’amélioration pour 2003 et 2004, en raison notamment de la crise de l’ESB. Ils souhaitent aussi la mise en place de dispositions pour garantir la transparence des prix et des marges de profits sur le marché des produits alimentaires et un engagement plus ferme du gouvernement à les soutenir dans les situations de crise comme celle qu’ils traversent actuellement.

« Les gouvernements successifs n’ont pas toujours respecté leurs engagements vis-à-vis le monde agricole, de déplorer le président de l’UPA, alors que les consommateurs, eux, expriment des attentes de plus en plus élevées en matière d’environnement, de salubrité, de traçabilité. En plus de souhaiter que l’État québécois obtienne une participation davantage équitable du fédéral, les producteurs s’attendent à un soutien accru de la part de Québec, car autrement, ils ne pourront faire face à cette situation exceptionnelle. Et, malgré la signature d’une entente-cadre en agriculture entre les deux paliers de gouvernement en octobre 2003, force est de constater que les programmes en place sont insuffisants et que les enveloppes régulières ne suffisent pas », de souligner M. Pellerin. Il a poursuivi en rappelant que Québec s’était déjà engagé à faire sa part au-delà de l’aide régulière lors de situations exceptionnelles, comme celle que nous vivons actuellement.

Dans son mémoire, l’UPA aborde également la qualité, la salubrité et la traçabilité des aliments, rappelant que, aussi louables que soient ces préoccupations, un prix y est associé et la facture doit être partagée par l’ensemble des maillons de la chaîne agroalimentaire ainsi que par le gouvernement, non pas par les seuls producteurs. L’UPA a déploré, à titre d’exemple, que Québec ait annulé le financement de 5 M$ prévu au budget de 2002-2003 en appui à l’implantation du programme HACCP (salubrité des aliments à la ferme). Elle espère un retour à un financement adéquat de ces programmes.

Finalement, alors que le fardeau fiscal municipal s’est déplacé dangereusement vers le secteur agricole au cours des dix dernières années, ajoutant à la charge des producteurs, l’UPA demande dans son mémoire que cette question soit revue en profondeur et en concertation avec les producteurs, de manière à en obtenir un partage plus équitable.

« Il est clair que nous avons eu droit à un budget pour le moins sobre en 2003. On s’attend maintenant à ce que le gouvernement délie les cordons de la bourse en 2004 pour enfin redonner à l’agriculture une place prioritaire dans les choix gouvernementaux, comme la situation l’exige et comme il s’était engagé à le faire », de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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