Cultiver du pissenlit

De mauvaise herbe envahissante, le pissenlit pourrait devenir une culture commerciale profitable, dont on tirerait rien de moins que du caoutchouc!

Dès ce printemps, des chercheurs de l’Université de Guelph sèmeront du pissenlit russe dans une station de recherche à Simcoe, dans le sud-ouest de l’Ontario. À l’automne, le pissenlit sera récolté et débutera alors la sélection des plants les plus productifs.

Le projet du professeur Dave Wolyn est doté d’un budget de 143 500 $ d’un fonds de développement économique local. Il est aussi appuyé par KoK Technologies, de Penticton en Colombie-Britannique, dont le propriétaire Anvar Buranov a mis au point et breveté un processus d’extraction du caoutchouc de la racine du pissenlit russe.

Dans le monde, la plupart du caoutchouc synthétique sert à faire des pneus. Pour les pneus des avions et de certains équipements lourds, rien ne bat le caoutchouc naturel. Actuellement, sa seule source commerciale est un arbre qui pousse en Asie du Sud-Ouest. L’instabilité politique et les maladies potentielles menacent l’approvisionnement mondial.

Selon l’information diffusée par l’Université de Guelph, le caoutchouc du pissenlit russe serait adéquat pour produire entre autres des pneus et des gants en latex.

Alors que le caoutchouc se faisait rare pendant la deuxième Grande Guerre, des chercheurs canadiens avaient entrepris des recherches avec des plantes qui poussent au Canada, dont le pissenlit russe. Le projet avait été abandonné avec la fin de la guerre, mais il avait été démontré que le pissenlit russe pousse bien dans le sud-ouest de l’Ontario.

Les graines de pissentlit russe qui seront utilisées pour les essais cet été proviennent du Kazakhstan et du Unites States Department of Agriculture. Les meilleurs individus seront sélectionnés, pour faire de l’amélioration génétique traditionnelle.

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