Davantage maîtres de leur agriculture, ont choisi les producteurs agricoles

Longueuil (Québec), 13 décembre 2000 – Au terme de leur 76e congrès général annuel sous le thème « Forger l’agriculture à notre image », les délégués de l’Union des producteurs agricoles (UPA) se sont donné des outils pour maîtriser davantage le développement de leur secteur d’activité.

Un outil financier
Au nombre des résolutions adoptées lors du congrès, les délégués se sont prononcés en faveur de la création de La Financière agricole du Québec, société qui sera cogérée par l’Etat et par les producteurs agricoles et qui sera appelée à remplacer la Société de financement agricole et la Régie des assurances agricoles.

La Financière agricole, dont le projet de loi est à l’étude à l’Assemblée nationale, va regrouper sous un même toit la gestion de tous les outils financiers agricoles, tels le financement, l’assurance-récolte et la sécurité du revenu. La nouvelle société bénéficiera d’une enveloppe budgétaire prédéterminée pour les sept prochaines années, de façon à mieux rencontrer les objectifs de développement du secteur agricole.

Dans La Financière agricole, les agriculteurs et agricultrices du Québec voient un puissant levier de développement pour leur secteur d’activité et l’occasion de participer étroitement aux décisions qui les concernent. Un de leurs tout premiers objectifs sera d’ailleurs d’obtenir que les mécanismes de protection du revenu en agriculture soient étendus à l’ensemble des productions agricoles.

Un outil agroenvironnemental

L’UPA a par ailleurs profité de son congrès général annuel pour faire connaître son cadre d’intervention en agroenvironnement, lequel fait suite au Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec qui a valu un Phénix de l’environnement à l’organisation agricole, en mai dernier.

Le cadre d’intervention vise à mobiliser l’ensemble de la structure syndicale de l’UPA (fédérations et syndicats) dans la poursuite de la stratégie agroenvironnementale de l’organisation. Il veut également favoriser l’atteinte des objectifs du plan d’action « Un environnement à valoriser » issu du Rendez-vous des décideurs, avec pour objectif ultime de mieux répondre aux attentes de la société québécoise et de la profession agricole.

Après l’étape cruciale de l’acquisition des connaissances réalisées avec le portrait, le cadre d’intervention mise de son côté sur l’application de solutions concrètes aux problèmes agroenvironnementaux. La réduction de la pollution diffuse, la réduction des rejets d’azote et de phosphore dans les fumiers et lisiers, la réduction de la pollution localisée, la réduction de l’érosion hydrique des sols, la réduction des odeurs à l’épandage et la réduction de la pollution diffuse par les pesticides représentent les axes d’intervention du cadre provincial.

Une fois en place, estime l’UPA, ces mesures devaient engendrer des gains environnementaux significatifs et profitables pour tous. Le succès repose toutefois sur la participation soutenue de tous les producteurs et productrices agricoles de même que sur celle de tous les intervenants et partenaires du monde agricole et environnemental, des ministères concernés ainsi que de l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire.

Un seul outil d’exportation du lait
Durant leur congrès, les producteurs agricoles ont par ailleurs obtenu du gouvernement qu’il modifie une décision de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) que les producteurs de lait contestaient depuis des mois. La décision instaurait l’iniquité entre producteurs et transformateurs parce qu’elle brisait le principe fondamental du modèle agricole québécois, celui de la mise en marché collective par un canal unique de commercialisation.

Dorénavant, tous les producteurs de lait et tous les transformateurs, sans exception, pourront réaliser leurs transactions pour le lait d’exportation en toute transparence par le biais d’un babillard central, une sorte de bourse d’exportation. Le mécanisme offre l’avantage d’être conforme aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de réunir les meilleures conditions pour le développement des exportations et, surtout, de respecter le modèle québécois de mise en marché collective des produits agricoles.

Le congrès général de l’UPA est l’instance de décision suprême de l’organisation. Chaque année, depuis maintenant 76 ans, les délégués de l’UPA de toutes les régions du Québec et de toutes les spécialités agricoles (lait, bovins, volailles, etc.) se réunissent pour déterminer les grandes orientations qui balisent l’action de leur organisation tout au long de l’année.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ)

http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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