De 80 à 160 unités d’azote, dans le même champ!

Un nouvel outil géomatique pourrait être à la disposition des producteurs du Québec d’ici cinq ans, afin qu’ils soient en mesure d’appliquer l’azote selon la dose optimale pour chaque portion d’un champ.

À ce jour, la dose optimale d’azote pour le maïs demeure compliquée à établir. Dans un même champ, par exemple, le rendement maximal peut être atteint à certains endroits avec aussi peu que 84 unités et à d’autres endroits avec 166 unités.

Les chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu ont déployé beaucoup d’efforts ces dernières années pour comprendre la variation de la réponse du maïs à la fertilisation azotée. Ils ont accouché récemment du concept SCAN (sol, culture, atmosphère et N pour azote).

Le 3 décembre, lors de la Journée grandes cultures à Saint-Rémi, le chercheur Nicolas Tremblay a dévoilé les grands principes derrière un éventuel « système d’aide à la décision SCAN » qui permettrait aux producteurs d’optimiser leur utilisation d’azote en se basant sur des données géomatiques pour réaliser des applications à taux variables.

« Même si les recommandations du CRAAQ (120 à 170 unités) excèdent en général les doses optimales, elles limitent parfois le rendement, a reconnu Nicolas Tremblay. L’idéal serait de mettre des doses faibles quand c’est le temps et des doses fortes quand c’est le temps. »

Nicolas Tremblay et ses collègues ont donc entrepris d’étudier les variables qui pourraient influer sur la relation entre la dose d’azote et le rendement du maïs. D’emblée, ils ont constaté que les unités thermiques accumulées en une saison n’ont pas d’impact sur l’utilisation de l’azote par le maïs. En d’autres mots, s’il fait plus chaud une année, une dose supérieure d’azote ne se traduira pas par des rendements supérieurs.

La pluviométrie, par contre, a un grand impact. Quand une saison présente plusieurs événements de pluies significatives, la dose d’azote a plus d’effet sur le rendement. Par temps sec, c’est le contraire.

Prévoir la pluviométrie d’une saison au moment de choisir ses doses d’azotes n’est pas évident, a concédé Nicolas Tremblay. Toutefois, il est possible de connaître les précipitations qui ont eu lieu dans les jours avant l’application en consultant un site comme Agrométéo Québec. Il est aussi possible de trouver des prévisions pour les semaines qui suivront.

Il s’avère que la texture du sol est l’élément qui a le plus d’influence sur la variation de la dose optimale d’azote. Comme les séries de sols sont bien cartographiées au Québec, il serait possible d’en arriver à des « cartes d’application d’azote spatialement distribué ». Le producteur ferait ensuite des applications à taux variables, en fonction des types de sol.

D’après Nicolas Tremblay, il pourrait y avoir un mariage entre le futur système d’aide à la décision SCAN et un site comme Info-Sols, qui contient de nombreuses couches de cartes des terres agricoles. Ce site se limite à la Montérégie pour l’instant, mais il est prévu qu’il couvre l’ensemble des régions agricoles du Québec d’ici deux ans.

« C’est l’outil de l’avenir », a déclaré Nicolas Tremblay. Le producteur n’aurait qu’à se rendre sur un site Internet, repérer ses terres, inscrire la date de semis et la culture précédente, puis une carte d’application d’azote optimisée pour chaque portion de son champ lui serait proposée.

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