Des pesticides détectés dans la moitié des fruits et légumes en France

Paris (France), 23 juillet 2004 – Plus de la moitié des fruits, légumes et céréales consommés en France en 2002 contenaient des résidus de pesticides, relève l’étude annuelle publiée par la Commission européenne pour 18 pays d’Europe.

Près de 53% des échantillons de fruits, légumes et céréales consommés en France en 2002 présentaient des traces de pesticide, dont 44% en dessous des normes légales, et 8,9% en infraction aux normes (LMR, ou limite maximale de résidu, nationale ou européenne). 47% ne contenaient aucune trace décelable.

Pour l’ensemble des pays sous revue (les Quinze de l’Union européenne, l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein), 56% ne présentaient pas de trace, 38% montraient des résidus, et 5,5% présentaient des pesticides au-dessus des normes légales.

L’étude tempère les données par les difficultés de comparaison entre pays, du fait des disparités des contrôles, plus ou moins sévères.

Néanmoins, elle note l’absence d’amélioration sur la durée: de 1996 à 2002, la part des fruits, légumes et céréales européens indemnes de pesticide décroît, et à l’inverse, le pourcentage de produits atteignant ou dépassant la norme légale augmente, de 3% en 1996 à 5,5% en 2002.

De plus, une proportion croissante des fruits, légumes et céréales contient des traces de plusieurs pesticides: en moyenne 20,7% des échantillons montraient un cocktail de plusieurs produits en 2002, contre 14% en 1999.

Les pesticides comprennent les fongicides, insecticides et herbicides, dont la France est le troisième consommateur mondial derrière les Etats-Unis et le Japon.

Les dépassements de LMR concernent surtout les épinards, les haricots, les oranges, mandarines, pêches et nectarines.

Les effets des pesticides à faible dose sur la santé sont encore mal connus, mais ils sont suspectés de modifier le système de la reproduction et d’entraîner des troubles neurologiques.

Le président du Conseil général de Vendée Philippe de Villiers (MPF) a demandé vendredi au ministre de l’Agriculture une « réaction immédiate » après la découverte de Fipronil dans du lait provenant d’un élevage de Vendée « pour entreprendre des expertises sur les insecticides Gaucho et Régent dans tous les usages ménagers, domestiques et agricoles ».

« La preuve est désormais établie que cette molécule fortement toxique se retrouve dans la chaîne alimentaire humaine », dénonce Philippe de Villiers, qui estime que « les responsables de cette catastrophe sanitaire devront répondre de cette incurie devant les tribunaux ».

Source : AFP

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