Des tests génétiques assurent une position enviable à l’industrie du mouton

Ottawa (Ontario), mars 2003 – Un nouveau programme offrant des tests génétiques de pointe permettra aux producteurs de moutons de la Nouvelle-Écosse de protéger leurs troupeaux contre la terrible maladie de la tremblante du mouton.

Grâce à un financement de plus de 100 000 dollars des gouvernements fédéral et provincial et d’autres partenaires, la Purebred Sheep Producers Association of Nova Scotia et le Nova Scotia Agricultural College (NSAC) ont mis sur pied un programme visant à évaluer la résistance des moutons à la maladie. Les producteurs pourront en apprendre davantage sur ce nouveau programme lors d’un séminaire qui aura lieu le 22 mars au NSAC, à Truro.

La tremblante du mouton est une maladie d’origine naturelle du même type que l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez les bovins. Une épidémie aurait des conséquences importantes sur l’industrie du mouton, qui rapporte deux millions de dollars par année à la Nouvelle-Écosse, puisque les moutons infectés devraient être décimés. Le programme de dépistage vise à permettre aux producteurs d’élever des animaux dotés d’une résistance génétique et à faire en sorte qu’un tel scénario puisse être évité.

Ce programme est le premier du genre offert aux producteurs canadiens et il a été rendu possible grâce aux percées récentes dans le domaine de la génétique moléculaire. La technologie a permis aux scientifiques d’identifier et de déterminer les coordonnées exactes de nombreux gènes du mouton, notamment celui qui est responsable de la résistance à la tremblante.

Le scientifique principal du projet sur la tremblante du mouton en Nouvelle-Écosse, le Dr Hossain Farid, indique que les moutons possèdent plus de 35 000 gènes et que chercher un gène précis équivaut à chercher une aiguille dans une botte de foin. Il souligne qu’il n’aurait pu offrir aux producteurs les tests sur la tremblante sans les formidables progrès accomplis dans le domaine de la science génétique.

La procédure de dépistage utilisée par le Dr Farid fait également appel à un équipement de pointe. Les échantillons sanguins des moutons sont d’abord traités de façon à isoler les brins d’ADN. Chaque brin passe ensuite dans une machine qui grossit le gène responsable de la résistance à la tremblante un milliard de fois, permettant ainsi au Dr Farid de trouver et de lire le code de l’ADN.

Cette lecture détermine la résistance naturelle du mouton et permet aux producteurs de prendre des décisions éclairées en matière de reproduction. Il s’agit d’une nouvelle option pour les producteurs qui, jusqu’à maintenant, ne disposaient d’aucune méthode pratique et fiable pour déterminer la résistance.

« Il s’agit d’une percée majeure, affirme le président de la Purebred Sheep Breeders Association of Nova Scotia, M. Jonathon Wort. L’analyse d’un spécimen d’encéphale ne peut se faire avant la mort de l’animal. Nous pouvons maintenant dépister la résistance à la tremblante chez les animaux vivants, ce qui est beaucoup plus utile en matière de stratégies d’élevage. »

M. Wort souligne que les régistres de la Nouvelle-Écosse et du Canada atlantique en matière de tremblante sont excellents, et que le dépistage chez les animaux vivants permettra qu’il en soit ainsi encore longtemps. Il indique qu’une épidémie au Québec a nécessité l’élimination génétique de dix pour cent des animaux reproducteurs de la province et qu’il est important d’adopter une approche proactive afin d’éviter ce genre de scénario.

Il mentionne également que le programme appuiera les efforts de l’industrie en vue d’obtenir une certification officielle de résistance à la tremblante, pour laquelle les acheteurs internationaux d’animaux reproducteurs demandent de plus en plus.

La crise, suscitée par l’ESB en Grande-Bretagne, a instauré un climat de prudence et M. Wort pense qu’une réglementation rigoureuse sur la circulation des animaux reproducteurs à la frontière est à prévoir. Il affirme que les producteurs de la Nouvelle-Écosse s’efforceront de prendre les devants et d’offrir des garanties officielles concernant leurs produits.

La nécessité d’offrir des garanties sur des questions comme le contrôle des maladies, la salubrité des aliments et l’environnement oriente en grande partie la stratégie agricole du XXI siècle. La théorie de M. Wort sur la résistance à la tremblante va de pair avec le nouveau Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA) fédéral-provincial sur lequel reposeront les programmes gouvernementaux en agriculture dans les années à venir.

Cette stratégie à long terme vise à faire du Canada le chef de file mondiale en matière de salubrité des aliments et d’environnement, et à miser sur cette réputation pour s’emparer d’une plus grande part du marché international.

Le projet sur la tremblante du mouton illustre bien le genre d’innovation et de réflexion axée sur l’avenir que favorisera le CSA. Ce projet est financé par les programmes gouvernementaux actuels; 60 000 dollars sont injectés par Agri-Futures Nova Scotia, un groupe piloté par l’industrie chargé de distribuer les fonds provenant du Fonds canadien d’adaptation et de développement rural (FCADR). Le FCADR est un programme d’Agriculture et Agroalimentaire Canada doté d’un budget de 60 millions de dollars par année.

Le fonds de développement de l’industrie agroalimentaire, le ministère de l’Agriculture et des Pêcheries de la Nouvelle-Écosse et la Société canadienne des éleveurs de mouton participent également au financement du projet.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Nova Scotia Agricultural College
http://www.nsac.ns.ca/

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