Dissémination de bactéries transgéniques aux États-Unis

Montréal, le 25 janvier 2000 – Dans un rapport publié aujourd’hui, Greenpeace démontre que l’Agence américaine de protection de l’environnement (U.S. EPA) n’a pas protégé la santé publique et l’environnement en donnant son approbation pour la dissémination d’une bactérie transgénique – le Rhizobium meliloti – contre l’avis de ses scientifiques et sans avoir effectué les tests nécessaires.







« La U.S. EPA a délibérément ignoré ou activement supprimé les inquiétudes soulevées par son personnel et les scientifiques indépendants. »


L’étude conclut que le gouvernement américain, en approuvant les organismes génétiquement modifiés (OGM), favorise le développement de l’industrie des biotechnologies aux dépens de la santé publique et de la protection de l’environnement, fait inacceptable pour une base de réglementation internationale.

« Les États-Unis se vantent d’être les meilleurs dans le domaine de l’évaluation des risques OGM, explique Arnaud Apoteker de Greenpeace. Mais cet exemple nous dépanne une version bien différente : fraudes et hypothèses douteuses, entre autres. »

En 1997, la U.S. EPA approuvait une souche génétiquement modifiée de la bactérie Rhizobium meliloti, RMBPC-2, contre l’avis de 5 des 6 scientifiques du comité de son conseil scientifique sur la biotechnologie (Biotechnology Scientific Advisory Committee (BSAC)). L’un de ses membres, le Dr Conrad Istock, biologiste évolutionniste, a démissionné pour protester contre le processus d’examen de la U.S. EPA. Il a qualifié le rapport final du BSAC de « à peine plus qu’un long argument pour soutenir une décision positive déjà prise avant la réunion de la sous-commission. »

Peu après la démission du Dr Istock, les scientifiques de la U.S. EPA ont publié un rapport critiquant l’autorisation de la U.S. EPA des bactéries génétiquement modifiées. Celui-ci qualifiait l’évaluation de la dissémination proposée des bactéries modifiées. « L’évaluation du lancement de cette bactérie transgénique s’est focalisée sur les raisons pour lesquelles cet organisme ne posait pas de problème, plutôt que sur l’examen objectif de ce qui est connu ou pas sur ces dangers. »

Jeff Ruchs, directeur du Public Employees for Environmental Responsability (PEER) a récemment déclaré : « Plus que désireuse de promouvoir la biotechnologie, la U.S. EPA a délibérément ignoré ou activement supprimé les inquiétudes soulevées par son personnel et les scientifiques indépendants. »

« Les disséminations de micro-organismes génétiquement modifiés posent des problèmes particulièrement inquiétants », ajoute Beatrix Tappeser de l’Institut d’écologie appliquée de Freiburg (Allemagne). Une fois disséminés, on ne peut plus jamais les rappeler. Les micro-organismes sont alors difficiles à détecter et à identifier et aucun moyen n’existe pour contrôler leurs mouvements. Ils peuvent par exemple se déposer sous les semelles de n’importe qui et donc contaminer par ce biais un champ « propre ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

United States Environmental Protection Agency (US EPA)

http://www.epa.gov/

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