Du bon et du moins bon pour les agriculteurs canadiens dans le cadre adopté par l’OMC

Genève (Suisse), 3 août 2004 – L’accord cadre de l’OMC qui a été signé au cours de la fin de semaine à Genève contient des éléments avantageux pour l’industrie agricole canadienne, mais aussi des points défavorables. La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) reconnaît qu’il s’agit d’un progrès par rapport aux propositions antérieures, mais demeure déçue par certains aspects de l’accord.

« Les ministres Peterson et Mitchell, le négociateur principal du Canada en agriculture, Steve Verheul, et les autres négociateurs ont travaillé d’arrache pied pour obtenir un cadre qui permettra au Canada de poursuivre ses objectifs dans les négociations finales, a souligné le président de la FCA, Bob Friesen. Je n’ai que des éloges à leur faire. Toutefois, il nous reste encore un combat à mener. Nous aurons des défis de taille à surmonter dans les négociations à venir. »

M. Friesen et des porte parole d’organismes membres de la FCA sont venus à Genève pendant les deux semaines de négociation. Ils ont expliqué leurs réserves à l’égard de l’ébauche initiale aux négociateurs canadiens et ont consulté le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, M. Mitchell, ainsi que le ministre du Commerce international, M. Peterson, tout au long des négociations. La FCA vise trois objectifs dans les pourparlers de l’OMC : élargir l’accès aux marchés mondiaux pour les producteurs canadiens, faire abolir les subventions étrangères qui faussent les échanges et protéger le droit du Canada de gérer des programmes d’organisation du marché, par exemple la Commission canadienne du blé et la gestion de l’offre, qui n’ont pas d’effet de distorsion sur les échanges.

L’accord cadre donne au Canada la latitude nécessaire pour négocier un élargissement de l’accès aux marchés. Il prévoit des réductions plus importantes du soutien interne dans les pays les plus dépensiers, ainsi qu’une limite négociée pour les subventions à l’exportation. L’accord abolit aussi les dispositions de la première ébauche qui compromettaient la capacité du Canada de maintenir une commercialisation ordonnée efficace des produits laitiers et des produits à base d’oeufs.

« La bonne nouvelle, c’est que la menace immédiate qui planait sur notre système de commercialisation ordonnée est tombée, a expliqué M. Friesen. Par contre, en dépit des objections du Canada, l’accord prévoit toujours que les pouvoirs de monopole de systèmes de commercialisation ordonnée tels que la Commission canadienne du blé feront l’objet de pourparlers. La Commission canadienne du blé et la gestion de l’offre sont des outils de commercialisation efficaces pour les producteurs canadiens et ils ne faussent pas le commerce mondial. Le Canada devra travailler fort pour ne pas perdre son droit de conserver ces systèmes lors de la négociation des derniers détails de l’accord. »

La FCA est déçue de certains articles de l’accord qui portent sur le soutien interne. Même si le cadre prévoit des réductions importantes pour les pays les plus dépensiers, il existe un risque qu’en définitive les États Unis disposent d’une grande marge de manoeuvre pour continuer à subventionner généreusement leurs agriculteurs tandis que l’accord limiterait sérieusement la capacité du Canada d’aider ses producteurs en cas de crise du revenu comme celle provoquée par l’encéphalopathie spongiforme bovine.

L’accord ne fixe pas définitivement les détails des nouvelles règles sur le commerce international. Son but est de fournir un cadre pour la négociation des règles sur l’utilisation du soutien interne et du soutien à l’exportation des productions agricoles et pour la négociation d’engagements destinés à améliorer l’accès aux marchés des exportations de produits agricoles.

« Nous devons maintenant continuer de travailler avec nos négociateurs et nos ministres pour fixer les détails en vue d’arriver à une nouvelle réglementation du commerce international qui respectera les intérêts de notre pays, améliorera les débouchés extérieurs pour nos produits, permettra de jouer à armes égales sur le plan du soutien interne, garantira notre droit de conserver des systèmes de commercialisation ordonnée et permettra à la Commission canadienne du blé de travailler efficacement », a conclu M. Friesen.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

Commentaires