Efficacité des espaces tampons gazonnés

Ottawa (Ontario), 28 avril 2003 – Les limites des champs agricoles peuvent ressembler au filtre d’un aquarium. Comme des zones tampons, elles aident à préserver l’état des cours d’eau et à réduire la pollution en absorbant le ruissellement provenant des terres cultivées.

M. Ken Webb, biologiste à Agriculture et Agroalimentaire Canada, évalue l’efficacité des espaces tampons gazonnés à empêcher que le nitrate, l’ammonium et le phosphore utilisés dans les engrais n’entrent dans les cours d’eau. Il fait aussi la démonstration de systèmes de gestion riveraine pour protéger les cours d’eau du passage du bétail et de l’écoulement dans les pâturages et a évalué l’incidence de la circulation des véhicules agricoles sur les sols à l’intérieur des espaces tampons gazonnés.

Les zones tampons gazonnées sont aussi désignées sous le nom de zones riveraines, soit les bandes de terre en bordure d’une voie d’eau. Ces zones sont fragiles et il faut les gérer avec soin. Les principaux caractères fonctionnels d’une zone sont les sols sous-jacents et l’association végétale qu’ils supportent. Sans végétation, les secteurs riverains ajoutent des sédiments érodés au cours d’eau et perdent leur fonction de filtre au point où ils ne procurent plus aucun avantage en ce qui a trait à la qualité des eaux de surface.

Le Centre de recherches sur les cultures et les bestiaux de Charlottetown (Î.-P.-É.) possède des parcelles de recherche aménagées sur le site d’essai agroenvironnemental de Maple Plains. C’est à cet endroit que M. Webb concentre ses recherches sur une bande filtre gazonnée de 10 mètres située le long de la limite du champ.

En plus de déterminer les niveaux de nitrate, d’ammonium et de phosphore contenus dans les eaux de ruissellement qui entrent dans les bandes tampons gazonnées ou qui en sortent, il surveille l’eau du sol tampon riverain adjacent et le cours d’eau. Cette région tampon riveraine peut se diviser en deux zones en fonction de la végétation : la Zone 1, en bordure du cours d’eau, est constituée principalement d’aulne et d’impatiente biflore; la Zone 2, plus loin du cours d’eau, est composée en grande partie de verge d’or et de chiendent.

Au-dessus de la Zone 2 se trouve la bande tampon gazonnée connue sous le nom de Zone 3. La limite ascendante de l’espace tampon gazonné délimite le bas du champ de pommes de terre. La zone tampon totale (zones 1 à 3) descend vers le ruisseau Southwest, un affluent de la rivière Dunk.

Dans la Zone 3, soit la bande tampon gazonnée, les eaux de ruissellement sont recueillies dans des bouteilles de plastique enfoncées dans la terre à la limite inférieure du champ de pommes de terres et au bas de la zone tampon gazonnée. L’eau et les sédiments recueillis dans les bouteilles sont analysés en vue de déceler la présence de nitrate, d’ammonium et de phosphore.

Cette méthode permet de déterminer la différence entre la quantité de sédiments trouvée aux limites supérieures et inférieures de la zone tampon gazonnée. Toute diminution entre la quantité recueillie à la limite inférieure du champ et celle recueillie à la limite inférieure de l’espace tampon gazonné après une averse est imputable à la capacité de filtrage de la zone gazonnée.

« Les zones tampons ont un autre rôle à jouer dans la protection de la région aux limites des cours d’eau auxquels le bétail a pu, depuis toujours, accéder librement », a indiqué M. Webb. « L’accès libre du bétail peut entraîner la dégradation de la zone riveraine causée par l’érosion des berges et menacer la qualité de l’eau en raison des nutriments et de la contamination bactérienne, comme l’urine et le fumier, qui entrent dans le cours d’eau.

« Dans de telles conditions, la biodiversité ainsi que l’habitat de la faune et du poisson sont menacés », a souligné M. Webb.

M. Webb s’occupe également d’un projet de démonstration de gestion riveraine au Collège d’agriculture de la Nouvelle-Écosse situé à Truro. Ce projet comprend un ponceau permettant au bétail de traverser le cours d’eau et de l’équipement pour stabiliser l’érosion des berges. Des clôtures empêchent le bétail d’atteindre la zone riveraine, protègent les semis de feuillus et de résineux plantés dans le but de restaurer la biodiversité et l’habitat et assurer un peuplement forestier exploitable.

Les agriculteurs canadiens s’appliquent aussi à renforcer le rôle de l’agriculture dans la protection de l’environnement en conjuguant leurs efforts pour améliorer la qualité de l’eau, du sol et de l’air, ainsi que les habitats fauniques. Les agriculteurs auront la possibilité de se responsabiliser davantage à cet égard en vertu de l’élément Environnement du Cadre stratégique national pour l’agriculture.

Le Centre de recherches sur les cultures et les bestiaux d’AAC, à Charlottetown, a le mandat de fournir des connaissances scientifiques en élaborant et en transférant des technologies innovatrices dans les systèmes intégrés de productions végétales et animales tout en améliorant et en protégeant l’environnement.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Centre de recherches sur les cultures et les bestiaux
http://res2.agr.ca/charlottetown/

Nova Scotia Agricultural College
http://www.nsac.ns.ca/

Commentaires