Épidémie de fonte des semis

De nombreux champs de maïs au Québec sont frappés par la fonte des semis. Dans la plupart des cas, les producteurs devront resemer une partie, sinon l’ensemble d’un champ.

Les champs touchés sont ceux semés à partir du 20 mai. La semence et les plantules ont été soumises à des pluies abondantes et du temps frais. Les sols ne s’égouttant pas facilement ont donc présenté un environnement de choix à Pythium, le principal suspect.

D’après François Labrie, agronome expert en maïs et soya à La Coop fédérée, le problème s’est d’abord déclaré dans le sud-ouest du Québec, avant de se répandre à l’Estrie, la Rive-Nord et même la région de Québec. « Depuis la semaine dernière, c’est le grand sujet d’actualité », rapporte-t-il.

Dans certains champs, il ne reste que 5000 plants à l’acre. Dans les baissières, tous les plants de maïs sont atteints.

« Il y a une constante, remarque François Labrie. Ce sont des semis réalisés autour du 20 mai, souvent dans des sol lourds qui s’égouttent plus ou moins bien et qui ont des problèmes de structure. »

François Labrie y voit une autre raison pour les producteurs de se préoccuper de la compaction et de la structure de leurs sol. L’utilisation du tillage radish, ou radis fourrager, telle que présentée dans Le Bulletin des agriculteurs du mois de juin, est un excellent moyen d’améliorer sa structure de sol, affirme-t-il.

Rendu à la mi-juin, seuls les producteurs des régions les plus aux sud du Québec peuvent envisager resemer du maïs-grain dans l’espoir d’un rendement acceptable. Les autres auraient avantage à semer du maïs ensilage.

Stade vulnérable
Agronome chez Dekalb, Stéphane Myre explique que Pythium est présent naturellement dans tous les champs au Québec. Pour que la fonte des semis se déclare, le maïs doit se trouver à un stade vulnérable (1 à 3 feuilles) lors de conditions fraîches et humides pendant quelques jours. Les plantules seront attaquées sans discrimination entre les hybrides.

PHOTO : Stéphane Myre

« Les zones basses ou mal drainées du champ sont souvent les premières où les problèmes de maladies apparaissent, écrit Stéphane Myre. Les pourritures des semences et la fonte des semis sévissent davantage dans les champs en semis direct ou dans les champs soumis à un travail réduit du sol, du fait que les épaisses couches de résidus maintiennent le sol plus frais et plus humide pendant plus longtemps. »

La fonte des semis se manifeste aussi dans les champs en travail de sol conventionnel, lorsque des facteurs retardent la germination et la levée, comme la compaction du sol, une croûte de battance ou des semis trop profonds.

Pour prévenir la fonte des semis, il est recommandé d’utiliser des variétés avec un bon taux de germination et une bonne vigueur de départ, avec un traitement de semence. Semer dans de bonnes conditions de sol, ainsi que toute stratégie pour minimiser la compaction du sol et favoriser le drainage peuvent atténuer la gravité des infections.

Commentaires