ESB : un bilan dévastateur

Longueuil (Québec), 20 mai 2004 – « C’est aujourd’hui un bien triste anniversaire pour les producteurs de bovins du Québec et de tout le pays qui, un an après la découverte d’une vache albertaine atteinte d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), sont toujours aux prises avec la pire crise de leur histoire. Les frontières sont encore fermées à près de 60 % du commerce bovin et la situation demeure très précaire pour les producteurs », ont déclaré MM. Michel Dessureault, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec et Laurent Pellerin, président de l’Union des producteurs agricoles, commentant le premier anniversaire entourant la crise de l’ESB.

Aux termes de l’année, le bilan est dévastateur. Au Québec seulement, on évalue les pertes à la ferme à plus de 240 millions de dollars. Les aides gouvernementales annoncées ont, bien sûr, amorti une partie du manque à gagner, mais la totalité de l’aide promise n’est toujours pas versée. « Les gouvernements doivent cesser de se traîner les pieds. Les producteurs sont aux prises avec un fort taux d’endettement et vivent des problèmes criant de liquidités. Il est plus qu’urgent que tout l’argent promis se rende dans les fermes », de déclarer le président de la Fédération.

Précisant que la crise ne pourra se régler que lorsque l’embargo américain sera entièrement levé, M. Dessureault s’est montré très préoccupé. « Les Américains ne semblent pas vraiment pressés de rouvrir leur frontière. Voilà plus de cinq mois que nous attendons le dépôt d’une réglementation et je crains que les lobbys protectionnistes, toujours très puissants à quelques mois d’une élection présidentielle, réussissent à faire bloquer le projet.» Rappelons que les frontières sont toujours fermées à tous les bovins vivants (veaux, vaches, boeufs), à la viande de boeuf avec os et la viande issue de bovins de plus de 30 mois (bovins de réforme).

Entre-temps, il revient aux gouvernements d’intervenir. « Depuis un an, nous faisons face à des situations révoltantes. Alors que les producteurs vendent leurs bovins à perte, quelques abattoirs, qui dictent les conditions de l’ensemble du marché, s’enrichissent à pleine poche », a mentionné M. Laurent Pellerin qui rappelle que le consommateur n’a aucunement bénéficié de baisse de prix au comptoir.

« Après avoir dénoncé ces injustices et réclamé l’aide des gouvernements, nous sommes toujours, un an plus tard, devant une impasse. Les nombreuses demandes d’enquête publique sur le prix du boeuf et sur les marges bénéficiaires sont restées sans réponse, alors que les actions des producteurs devant la Régie des marchés agricoles pour obtenir un juste prix pour nos bovins traînent en longueur depuis 5 mois », d’ajouter M. Pellerin.

Pour les dirigeants de la Fédération et de l’UPA, la crise est loin d’être terminée. Il est plus que temps que les gouvernements assument leur leadership et fassent la lumière sur le « scandale de l’ESB ».

Affiliée à l’Union des producteurs agricole, la Fédération des producteurs de bovins du Québec regroupe 24 300 producteurs de boeufs et de veaux établis dans toutes les régions du Québec. Troisième plus importante production animale au Québec, l’industrie bovine génère des ventes annuelles de plus de 600 millions de dollars et commercialise annuellement quelque 800 000 bovins. La Fédération représente les cinq secteurs de production bovine, soit ceux des veaux d’embouche, des bouvillons d’abattage, des veaux de grain, des veaux de lait ainsi que des bovins de réforme et veaux laitiers.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ)
http://www.bovin.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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