Estimations du bétail au 1er janvier 2005

Ottawa (Ontario), 18 février 2005 – Le troupeau de bovins national du Canada a continué d’augmenter l’an dernier, ayant atteint un sommet de 15,1 millions de têtes au 1er janvier 2005, un peu plus d’un an et demi après l’interdiction mondiale ayant frappé le bétail canadien en raison de la maladie de la vache folle.

Selon l’Enquête sur le bétail de janvier, les agriculteurs canadiens comptaient 430 000 têtes de bovins de plus à leurs fermes qu’au 1er janvier 2004. Il s’agissait d’une hausse de l’ordre de 2,9 %.

Cependant, comparativement au 1er janvier 2003, avant l’interdiction, les agriculteurs comptaient 1,6 million de têtes de bovins de plus à leurs fermes au début de la présente année.

Les résultats de l’enquête reflètent les retombées de l’interdiction ayant frappé les bovins et le boeuf du Canada à la suite de la divulgation le 20 mai 2003 du cas unique d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ou maladie de la vache folle. La frontière est demeurée fermée à toute exportation de boeuf du Canada jusqu’en septembre 2003.

À cette époque, les États-Unis ont consenti à importer le boeuf désossé du Canada provenant d’animaux de moins de 30 mois, décision imitée subséquemment par plusieurs autres pays.

Par la suite, en décembre 2003, on a découvert dans l’État de Washington qu’une vache laitière provenant à l’origine de l’Alberta avait contracté l’ESB. En janvier 2005, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a confirmé l’apparition de deux autres cas d’ESB. On prévoit l’ouverture de la frontière au bétail canadien à compter de mars 2005.

En outre, cette enquête réalisée auprès de 10 000 producteurs a permis de constater une légère augmentation des stocks de porcs, ceux-ci étant passés à 14,7 millions de têtes. Les exportations de porcs vivants vers les États-Unis ont atteint un sommet.

Augmentation du troupeau de bovins dans les Prairies
La taille des troupeaux n’a pas augmenté dans toutes les provinces, puisque l’augmentation constatée dans les provinces des Prairies a été éclipsée en partie par la diminution observée dans l’Est canadien et en Colombie-Britannique. Au 1er janvier 2005, la taille du troupeau en Saskatchewan était de 6,5 % supérieure à celle de la même période en 2004. Il s’agissait de la plus forte augmentation.

Au cours de l’année, le troupeau au Manitoba a augmenté de 4,1 %, alors que les stocks de bovins en Alberta se sont accrus de 4,5 %. Au 1er janvier 2005, les bovins de l’Alberta représentaient 39 % de tous les bovins canadiens.

Par ailleurs, les stocks de bovins au Québec ont chuté de 0,4 %, alors que le troupeau de bovins en Ontario a diminué de 1,6 %. Les stocks de bovins en Colombie-Britannique ont diminué de 4,1 %. Le fait que certains stocks aient diminué sera perçu positivement par certaines composantes de l’industrie, en raison de la fermeture de la frontière américaine à l’exportation de bovins du Canada.

Les agriculteurs ont déclaré une hausse du nombre de bovins aux exploitations de naissage, lesquelles sont souvent de taille restreinte. Cette année, les exploitations de naissage comptent 5,6 % de plus de bovins que l’an dernier et 16,9 % de plus qu’il y a deux ans.

Au 1er janvier 2005, il y avait 9,5 millions de têtes de bovins dans les exploitations de naissage. Les plus fortes hausses ont eu lieu en Alberta et en Saskatchewan où les stocks des exploitations de naissage ont bondi de 9,5 % et de 8,6 %, respectivement.

Au 1er janvier 2005, le nombre de vaches de boucherie aux fermes se situait à 5,3 millions de têtes, en hausse de 6,0 % par rapport à 2004. Cette nouvelle aurait de quoi réjouir si l’industrie connaissait une expansion.

Néanmoins, les producteurs ont déclaré retenir les vaches de réforme en raison des débouchés limités que procurent ces animaux et de la faiblesse du prix. En 2005, bien que ce soit loin d’être la norme, certains des animaux destinés à la réforme en des conditions de marché à la normale vêleront.

Chute des exportations à la suite de la fermeture des frontières
La crise de l’ESB a porté le nombre de bovins aux fermes canadiennes à un sommet. Cependant, cette crise a également ébranlé la valeur des exportations de boeuf canadien vers les marchés mondiaux.

En 2002, avant l’ESB, la valeur totale des exportations de bovins et de boeuf atteignait 3,9 milliards de dollars, soit des ventes équivalant à 11,0 millions de dollars par jour.

En 2004, la valeur de ces exportations a chuté pour s’établir à seulement 1,9 milliard de dollars, ce qui représente moins de la moitié des niveaux de 2002.

Le commerce a constitué un facteur crucial à l’industrie bovine du Canada. L’expansion connue par l’industrie au cours des années 1980, qui a coïncidé avec la libéralisation des échanges, a été principalement alimentée par les exportations vers les États-Unis, le partenaire commercial le plus important du Canada.

En 2002, l’expansion de l’industrie bovine canadienne atteignait une valeur annuelle d’environ 7,7 milliards de dollars pour les agriculteurs. De mai 2003 à la fin de 2004, l’analyse fait état d’une accumulation de l’ordre de 5,3 milliards de dollars relative aux retombées de l’ESB sur les recettes monétaires agricoles bovines. De mai 2003 à la fin de septembre 2004, les versements gouvernementaux de 1,4 milliard de dollars relatifs à l’ESB ont pallié en partie les pertes des producteurs de bovins.

Plusieurs autres facteurs ont pallié la chute des exportations. L’abattage a atteint des sommets. En 2004, le taux d’abattage était de 25,7 % supérieur à celui de 2003 et de 15,7 % supérieur à celui de 2002. Ces gains ont été alimentés par la demande intérieure, combinée à la faiblesse du taux d’importation de boeuf.

Dans son ensemble, la consommation intérieure est demeurée stable ou a chuté entre 1976 et 2002. Cependant, en 2003, les Canadiens ont consommé 5 % de plus de boeuf que l’année précédente.

Entre-temps, il y a eu diminution des importations de viande de boeuf du Canada, celles-ci ayant chuté rapidement au cours de l’été 2003. En 2004, les importations mensuelles de boeuf s’établissaient en moyenne à 7 600 tonnes, soit 70 % de moins qu’avant l’ESB.

Parallèlement, il y a eu dégringolade du prix de tous les bovins (animaux d’abattage, d’engraissement et veaux) en raison de la surabondance intérieure ayant résulté de la chute des exportations.

Bien que le prix des animaux d’abattage ait augmenté dans les mois ayant suivi l’interdiction, au cours de l’automne 2004, il s’est chiffré à 73 % du prix constaté au printemps 2003.

Hausse des exportations de porcs
Les stocks des producteurs de porcs ont à peine augmenté au quatrième trimestre de 2004 puisque les exportations ont monté en flèche. Au 1er janvier 2005, les agriculteurs comptaient à leurs fermes 14,7 millions de porcs, un nombre presque identique à celui enregistré au 1er octobre 2004 et qui n’était supérieur que de 0,4 % par rapport à celui à la même date en 2003.

Les exportations de porc ont bondi à la suite de la fermeture de la frontière à l’exportation de bovins canadiens. En 2004, les exportations ont atteint un sommet de 8,6 millions d’animaux, nombre de 15 % supérieur à celui de 2003 et qui constitue une hausse remarquable de 49 % par rapport à celui de 2002. Les animaux exportés étaient en grande partie des porcelets destinés à l’engraissement aux États-Unis.

Le prix des porcs, faible en 2002 et en 2003, a rebondi en 2004. La forte demande aux États-Unis a contribué à la hausse du prix depuis le début de 2004. Malgré l’imposition de droits antidumping en octobre 2004, le prix des porcs en décembre 2004 était de 30 % supérieur à celui du même mois en 2003. En 2004, le prix moyen était de 18 % supérieur à celui de 2003.

Le prix élevé des porcs, le bas prix des aliments pour animaux et la montée des exportations qui ont atteint un sommet ont eu une incidence bénéfique sur les ressources financières des producteurs. Les recettes monétaires agricoles porcines ont augmenté de 23 % au cours des neuf premiers mois de 2004, comparativement à la même période l’année précédente.

Stocks de bétail au 1er janvier
 BovinsPorcsMoutons
 en milliers de têtes
 200420052004200520042005
Canada14 66015 09014 62314 675997980
Atlantique2962963663563433
Québec1 4201 4154 2504 280250245
Ontario2 2242 1893 6703 610270265
Manitoba1 4501 5102 8522 8708270
Saskatchewan2 8553 0401 2651 342125130
Alberta5 6755 9302 0502 045175171
Colombie-Britannique7407101701726166
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux.

Les rapports Statistiques de bovins, vol. 4, no 1 (23-012-XIF, gratuit), Statistiques de porcs, vol. 4, no 1 (23-010-XIF, gratuit) et Statistiques de moutons, vol. 4, no 1 (23-011-XIF, gratuit) sont maintenant accessibles en ligne. À la page Nos produits et services, sous Parcourir les publications Internet, choisissez Gratuites, puis Agriculture.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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