Financement agricole Canada: Une blessure à la ferme peut causer une perte immense

Calgary (Alberta), 10 août 2004 – Par une journée ensoleillée, dans l’exploitation agricole Wiebe près de la Crete, dans le Nord de l’Alberta, Bill, âgé de 13 ans, aidait son frère, 15 ans, à installer le hachoir à nourriture de bétail pendant que leur père moissonnait. Ils avaient toutefois des problèmes avec la courroie de la machine.

« Mon frère n’était pas loin et m’a dit “Ne fais pas ça!” pendant que je maniais la courroie, mais j’étais pressé de terminer la corvée. J’aurais préféré être ailleurs à faire autre chose. La seconde d’après, mon bras était pris dans la machine. »

C’était en 1977. Bill dit qu’il s’en souvient comme si c’était hier.

« Mon frère a exercé une pression sur mon bras et ma mère m’a emmené en ville en 20 minutes. Puis, mon père m’a accompagné en avion à Edmonton où ils ont essayé de rattacher mon bras. Trois jours plus tard, la gangrène s’est installée et ils ont dû l’enlever. »

Bill a passé dix semaines à l’hôpital, où il a subit plusieurs chirurgies, et une période de réadaptation, au cours de laquelle on a créé son bras artificiel. Certains ajustements étaient inévitables, mais l’approche « je peux le faire » de Bill, les encouragements qu’il a reçus ainsi que l’attitude de son entourage lui ont permis d’avancer. Il a passé la majorité de sa carrière à travailler avec des ordinateurs. C’est pourquoi il a beaucoup de reconnaissance pour les enseignants qui l’ont encouragé à développer des habilités pour se servir d’un clavier d’ordinateur à l’aide de son seul bras valide.

« La perte de mon bras m’a fait considérer des options auxquelles je n’aurais pas songé. Comme plusieurs jeunes de ma région, je me destinais au secteur du transport ou de la foresterie, tout en continuant à travailler en agriculture. Au lieu de cela, j’ai terminé mes études secondaires, je suis allé à l’université et j’ai obtenu un emploi d’été à Financement agricole Canada (FAC). Je travaille à FAC depuis 14 ans. Ca m’a permis de rester en contact avec l’agriculture. »

Aujourd’hui, Bill travail au bureau d’Abbottsford, en Colombie-Britannique. Il occupe le poste d’évaluateur.

Malheureusement, des blessures comme celle de Bill ne sont pas rares. Au Canada, c’est en moyenne plus de 1500 personnes par an qui se blessent gravement dans des accidents à la ferme. Plus de 100 personnes perdent la vie.

Scott Yule, directeur de district en Alberta, nous raconte l’histoire de sa soeur qui, à l’age de trois ans, a perdu son avant-bras suite à un accident avec un broyeur à marteaux.

« Mon père avait laissé la machine sans surveillance pour un instant. Il n’a pas réalisé que ma soeur était à l’extérieur », affirme Scott. « Elle est maintenant âgée de 50 ans. Elle s’est toujours débrouillée mais son bras valide commence à lui donner des misères en raison de la surutilisation. »

« La plupart d’entre nous connaissons quelqu’un qui travaillait en agriculture et qui s’est blessé ou, pire, qui est mort », déclare John Ryan, président-directeur général de FAC. « Ce sont nos employés, nos clients et nos amis. C’est la raison pour laquelle nous appuyons la sécurité agricole que ce soit au cours de la Semaine canadienne de la sécurité en milieu agricole, en mars, ou par le biais du programme Premiers soins à la ferme, destiné aux jeunes. Si nos messages de sécurité ont pu éviter au moins un accident, nous avons réussi. »

Il est facile de reconnaître les coûts intangibles qu’entraîne la perte d’un membre ou d’une vie. C’est pourquoi le thème de la Semaine canadienne de la sécurité en milieu agricole de cette année était La sécurité en milieu agricole, ça rapporte!

« Mon accident a grandement stressé ma famille » a expliqué Bill. « L’accident a eu lieu en septembre et ce n’est que grâce à l’aide généreuse de nos voisins que la moisson a pu être terminée » a dit Bill.

Il affirme qu’aujourd’hui, un bras artificiel coûte au moins 10 000 $.

Comme les producteurs canadiens se dépêchent à moissonner leurs récoltes, Bill aimerait leur transmettre ces quelques avertissements.

« Ecoutez lorsque quelqu’un vous avertit. Vous n’êtes pas invincible. Il est important de mettre en place des écrans protecteurs. Les tâches qu’effectuent les jeunes doivent être appropriées et effectuées sous supervision. Ca peut vous arriver! »

FAC, la Fédération canadienne de l’agriculture et l’Association canadienne de sécurité agricole vous demandent de prendre soin de vous et d’être prudent.

Une étude de douze années réalisée par le Programme canadien de surveillance des blessures en milieu agricole a révélé que :

  • le coût moyen de chaque décès accidentel en milieu agricole était de plus de 275 000 $.
  • le coût d’une invalidité permanente était de 143 000 $.
  • le coût des blessures agricoles pour l’économie canadienne est évalué entre 200 à 300 millions de dollars par an.

    Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

    Financement agricole Canada (FAC)
    http://www.fcc-sca.ca/

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