Fièvre aphteuse: 35 000 bêtes tuées en France

Paris (France), 8 mars 2001 – La fièvre aphteuse fait des victimes par dizaines de milliers dans le cheptel français, sans avoir encore frappé: 35 500 bêtes, dont 35 000 moutons, ont été ainsi anéanties préventivement, c’est-à-dire abattues et détruites, sur le territoire national depuis le début de l’épizootie outre-Manche, selon les tout derniers chiffres de la Direction générale de l’alimentation rendus publics jeudi. Aucun cas n’a encore été diagnostiqué en Europe continentale.

Dix fermes situées dans six départements français sont toutefois toujours sous surveillance. Il s’agit du Cher, du Loiret, de la Mayenne, de l’Oise, de la Vienne et de la Seine-Saint-Denis. Les bêtes y ont été abattues et des périmètres de sécurité y sont maintenus en attendant les résultats des prélèvements effectués avant l’abattage. Mais d’ores et déjà, des périmètres de protection ont été ainsi mis en place par exemple autour de deux exploitations du Cher dans lesquelles des ovins britanniques ont montré une réaction sérologique positive à la fièvre aphteuse. Ces tests prouvent la présence d’anticorps du virus chez les animaux mais pas nécessairement qu’ils seraient tombés malades dans l’avenir. Pour éviter toute contamination éventuelle, la préfecture a mis en place une déviation sur la D940 pour les poids-lourds en transit entre Bourges et La Châtre.

Sur les 35 000 moutons abattus, 17 500 venaient de Grande-Bretagne, l’autre moitié étant des ovins français ayant été en contact avec eux.

Ces chiffres sont en retrait par rapport à ceux annoncés mercredi qui faisaient état de 50 000 animaux tués mais sans préciser qu’ils avaient été détruits. On expliquait jeudi au ministère qu’il s’agissait d’une estimation à affiner et qu’en tout état de cause, ce chiffre de 50 000 animaux serait dépassé d’ici la fin de la semaine.

La destruction se fait par enfouissage, incinération ou équarrissage. Cette dernière solution concerne les lieux (les villes par exemple), où l’on ne peut procéder à la destruction sur place. Dans ce cas, les animaux sont piqués, désinfectés à la soude caustique, puis transportés chez l’équarrisseur dans des camions bâchés censés être étanches. Une fois à l’équarrissage, ils sont eux aussi enfouis ou incinérés, précise-t-on à la Direction générale de l’alimentation du ministère de l’agriculture.

Il s’agit bien de mesures de précaution et les analyses devraient dire d’ici quelques jours s’il y avait des cas d’incubation de fièvre aphteuse parmi les animaux éliminés.

Dans la Vienne par exemple, les résultats des prélèvements opérés sur les animaux ne pourront être communiqués dans le meilleur des cas qu’en fin de semaine en raison de la surcharge de demandes d’analyses au laboratoire de l’Association française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) de Maisons-Alfort, seul laboratoire agréé pour ce type d’analyses virologique et sérologique, a précisé la préfecture du Cher. Dans ce même département, le propriétaire de l’exploitation de Marçay, importateur de moutons du Royaume-Uni, a été entendu par la gendarmerie sur les conditions d’entrée des animaux en France.

Sur un plan plus politique, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Jean Glavany, estimait dans le journal Les Echos de jeudi qu’en raison de la crise de la vache folle et à la suite de l’épidémie de fièvre aphteuse, « une réorientation de la Politique agricole commune (serait) plus nécessaire que jamais et incontournable dans les dix ans qui viennent ». Le ministre français de l’Agriculture espère que, lors d’un « rendez-vous de mi-parcours en 2003 » sur la PAC, « on puisse donner des signaux politiques forts, montrant qu’on a tiré les leçons des crises et reçu le message de l’opinion ».

Source : AP

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