Fièvre aphteuse: des chercheurs britanniques préconisent une intensification des abattages préventifs

Washington (États-Unis), 13 avril 2001 – Des scientifiques britanniques affirment dans une étude publiée vendredi dans le journal « Science » qu’il est nécessaire, pour stopper la propagation de l’épizootie de fièvre aphteuse en Grande-Bretagne, d’intensifier l’abattage préventif de tous les animaux vivant dans un périmètre d’un mile (1,6 kilomètre) autour du foyer décelé.

« L’abattage à grande échelle est hélas la seule solution pour venir à bout de l’épizootie. De plus, pour éradiquer définitivement la maladie, il est indispensable que cette mesure soit maintenue durant la longue période de recul de la maladie », écrivent les auteurs, Neil Ferguson, Christl Donnelly et Roy Anderson, tous chercheurs au service d’épidémiologie des maladies infectieuses au Imperial College School of Medicine à Londres.

L’épizootie actuelle de fièvre aphteuse, une maladie infectieuse très contagieuse qui affecte les vaches, les chevaux, les moutons et les cochons, est apparue en Grande-Bretagne il y a sept semaines, à partir d’un troupeau de porcs du Northumberland, dans le nord de l’Angleterre. La maladie, qui épargne les êtres humains, s’est propagée à la France, à l’Irlande et aux Pays-Bas.

Les fonctionnaires du ministère britannique de l’Agriculture ont pensé pouvoir maîtriser l’épizootie en interdisant le transport d’animaux à l’intérieur de l’Angleterre, en annulant les foires à bestiaux et en abattant tous les animaux appartenant à un troupeau dans lequel une bête malade était découverte. Des mesures jugées encore insuffisantes par les trois chercheurs.

Pour ces scientifiques, qui s’appuient sur des simulations par ordinateurs, la meilleure attitude à adopter est l’abattage de tous les animaux infectés dans un délai de 24 heures, suivi dans les 48 heures de celui de tous les animaux susceptibles d’être contaminés, dans un rayon de 1,6 kilomètre du foyer infectieux.

Ils estiment que l’application de telles mesures permettrait de circonscrire l’épizootie à environ 16% des fermes situées en Grande-Bretagne, cette proportion pouvant toutefois atteindre 53% dans certaines régions. En revanche, la poursuite des mesures appliquées aujourd’hui conduirait, selon eux, à une contamination d’environ 30% des fermes britanniques.

En Grande-Bretagne, 631 000 animaux au moins ont déjà été tués dans le cadre de la crise actuelle. Certains experts considèrent que le pic de l’épizootie sera bientôt atteint. Les chercheurs estiment pour leur part que les mesures d’abattage préventif doivent être maintenues pendant plusieurs mois après que le dernier cas de fièvre aphteuse aura été repéré.

Une épizootie de fièvre aphteuse s’était déclarée en 1967 en Grande-Bretagne et avait abouti à l’abattage de 440.000 bêtes.

Source : AP

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