Fièvre aphteuse :l’optimisme de Londres démenti par les éleveurs

Londres (Grande-Bretagne), 20 avril 2001 – Les fermiers britanniques ont démenti l’optimisme du gouvernement et de ses conseillers qui affichent leur certitude d’avoir maîtrisé l’épidémie de fièvre aphteuse.

Le soulagement affiché par les ministres de Tony Blair repose sur une déclaration du principal conseiller scientifique du gouvernement qui a affirmé que l’épizootie était « totalement sous contrôle ».

Le professeur David King a étayé cette affirmation par des statistiques et des graphiques qui montrent une diminution de moitié du nombre de nouveaux foyers par période de quinze jours.

Sans prendre le risque de fixer une date à la disparition de la maladie, le conseiller de Tony Blair a estimé qu’il n’y aurait plus qu’un seul nouveau cas par jour début juin – période à laquelle le Premier ministre devrait convoquer les élections législatives qu’il a dû reporter à cause de la maladie.

Au plus fort de la crise, au mois de mars, la progression était de 50 nouveaux cas par jour. Elle a été de sept au cours des dernières 24 heures durant lesquelles le nombre total des foyers confirmés est passé de 1396 à 1403 pour l’ensemble de la Grande-Bretagne.

Les syndicats d’agriculteurs n’ont pas été convaincus par ces statistiques, notamment dans le sud-ouest de l’Angleterre où ils soupçonnent Tony Blair de vouloir les sacrifier à la nécessité de sauver l’industrie touristique.

« Avec 167 000 carcasses dans les champs et l’odeur incroyable qu’elles dégagent (…) les touristes qui se déplaceraient dans l’arrière-pays agricole du nord et de l’ouest du Devon ne pourront pas croire que la situation est sous contrôle », a déclaré David Hill, responsable régional du Farmers Union à la chaîne de télévision Sky News.

Les syndicats agricoles s’opposent également à la proposition du gouvernement de lancer un programme de vaccination pour éviter une nouvelle vague de contaminations.

Les éleveurs soutiennent que la vaccination pourrait ne faire qu’aggraver leurs problèmes. Ils redoutent de se retrouver dans l’impossibilité de vendre la viande ou le lait de bêtes vaccinées et exigent que le gouvernement s’engage à les indemniser si nécessaire.

« On demande à nos adhérents de prendre tous les risques financiers jusqu’au dernier penny. Si le gouvernement pense qu’il n’y pas de risques, il faut qu’il nous donne sa garantie », a déclaré David Hill.

« Sans cette garantie, tant pis, je ne demanderai pas à nos adhérents de produire ce qui pourrait ne plus être que de la pâtée de très haute qualité pour chiens avec pedigree ».

Source : Reuters

Commentaires