France : adapter l’enseignement agricole à la société et à l’Europe

Paris (France), 3 janvier 2003 – Le gouvernement veut adapter l’enseignement agricole, qui accueille plus de 200 000 élèves, aux nouvelles demandes de la société, que ce soit en matière de sécurité alimentaire ou de gestion de l’espace rural, et harmoniser les formations supérieures sur les cycles européens.

Le ministre chargé du dossier, Hervé Gaymard a fait vendredi une communication sur le sujet au cours du premier Conseil des ministres de l’année, dont les premiers effets devraient se faire sentir à la rentrée 2004, a-t-on annoncé au ministère.

Dans l’enseignement technique, qui produit des bacs professionnels agricoles, des CAP, BEP et des bacs technologiques à dominante agricole, les futures filières devront prendre en compte aussi bien l’aspect traditionnel « production agricole », que l’aspect « aménagement de l’espace rural », ajoute-t-on.

L’agriculteur de demain n’aura plus seulement une formation attestant de sa capacité à produire du lait, des céréales ou de la viande, mais devra aussi avoir des compétences en tourisme, écologie, ou services aux personnes par exemple.

Après les récentes polémiques sur la vache folle ou sur les OGM, les formations agricoles devront mieux prendre en compte la qualité et la sécurité alimentaires.

Le ministère ne donne pour l’instant aucune indication précise sur les filières qui devront être fermées, réduites ou réorientées.

Un nouveau « Schéma national prévisionnel des formations » (SNPF), pour lequel les négociations commenceront « dès la semaine prochaine » sera bâti « d’ici le printemps » après discussions avec les principaux acteurs du secteur, enseignants, parents, étudiants, syndicats, collectivités locales…, précise-t-on au ministère.

Reconnaissance internationale

« Nous voulons promouvoir la production agricole en prenant en compte l’aménagement rural, mais ne pas opposer l’un à l’autre », assure-t-on au ministère.

Dans l’enseignement supérieur, la volonté du gouvernement est de rendre les cursus plus « lisibles » et plus « adaptés » à l’Europe.

Le ministre souhaite « constituer des pôles d’excellence » pour être plus compétitif. « Nous avons 19 établissements supérieurs publics de taille modeste en France, c’est trop », dit-on au ministère.

Car, même si les grandes écoles bénéficient d’une certaine renommée – celle du paysage à Versailles, les écoles vétérinaires de Maisons-Alfort et de Lyon, les pôles agronomiques de Paris, Rennes et Montpellier et celui de l’aménagement des eaux de Strasbourg -, elles ont encore peu de reconnaissance sur le plan international.

L’un des plus gros chantiers va être d’harmoniser les formations supérieures avec l’Europe et les adapter au schéma connu sous le nom de « 3-5-8 » ou « LMD », c’est-à-dire que les diplômes importants devront intervenir trois, cinq et huit ans après le bac (Licence, Master, Doctorat).

Ce système laisse de côté les BTS, très importants dans l’agricole. De plus, les grandes écoles d’agriculture donnent parfois des diplômes à bac + 6 difficilement adaptables au schéma européen, comme par exemple l’ENGREF (Ecole nationale du génie rural et des forêts) que l’on intègre après avoir fait Polytechnique ou Agro, soit quatre ans après le bac si l’on n’a jamais redoublé.

Source : AFP

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