France : des experts sonnent l’alerte sur les pesticides

Paris (France), 3 mars 2002 – Le ministre de l’Environnement, Yves Cochet, appelle à une prise de conscience générale sur les dangers des pesticides après la publication d’un rapport évoquant une présomption de « risques collectifs graves ».

Dans une interview au Journal du dimanche, Yves Cochet précise qu’il défendra au niveau européen l’idée d’un renforcement de la pollutaxe sur les pesticides.

« Il faut renforcer considérablement l’évaluation des risques et probablement étudier un renforcement de la réglementation. Il faut que la France utilise moins de pesticides, avec une agriculture plus soucieuse de ses impacts environnementaux et sanitaires », explique-t-il.

Yves Cochet souligne que les agriculteurs, qui sont « souvent montrés du doigt », sont en fait les « premières victimes des pesticides car ils sont les plus exposés ». « Il faut une prise de conscience générale », insiste-t-il.

Yves Cochet réagissait à la publication d’un rapport du Comité de prévention et de précaution (CPP), un organisme consultatif indépendant créé en 1996.

Dans ce document, les experts reconnaissent que les incertitudes scientifiques sont « considérables » mais s’inquiètent des impacts graves sur la santé que peuvent avoir les 9000 pesticides vendus en France.

Ils évoquent des risques accrus de cancers, de malformations génitales des nouveaux-nés, d’altération de la qualité du sperme, de liens suspectés avec la maladie de Parkinson.

Ils considèrent que les normes en matière de pesticides dans l’eau ne sont pas basées sur des analyses de risques mais résulteraient de « décisions de nature politique ».

Les experts recommandent que le gouvernement demande une réforme européenne de cette « base réglementaire aberrante ».

Ils demandent également une meilleure analyse des effets des épandages aériens et le renforcement du suivi médical des agriculteurs.

Le rapport propose surtout de retirer au ministère de l’Agriculture le pouvoir de décision en matière de pesticides pour le confier aux ministères de la Santé et de l’Environnement.

Source : Reuters

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