France : les agriculteurs invités à s’adapter à la sécheresse

Paris (France), 25 mars 2005 – Les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie recommandent aux agriculteurs français de semer au printemps des cultures moins « gourmandes » en eau pour faire face au risque de sécheresse lié au faible niveau des nappes souterraines.

« Dominique Bussereau et Serge Lepeltier souhaitent dès à présent appeler l’attention des usagers de l’eau sur la nécessité d’une gestion économe des ressources en eau, en particulier dans le domaine agricole », lit-on dans un communiqué conjoint des deux ministres.

« La situation hydrologique est, à ce jour, préoccupante », estiment-ils. Ils soulignent que « les précipitations des prochains mois devront être très supérieures aux moyennes saisonnières pour inverser » cette tendance.

« Dans le choix des cultures mises en place au printemps, ils recommandent aux agriculteurs de prendre en compte l’état réel à ce jour des ressources en eau dans leur département, et d’implanter, dans la mesure du possible, les cultures les moins consommatrices d’eau, notamment dans des terrains à sol superficiel », précise le communiqué.

Les agriculteurs qui irriguent leurs cultures et qui « n’ont pas encore mis en place une organisation collective des prélèvements en eau par bassin versant » sont invités à « mettre à profit le printemps pour s’engager résolument dans cette démarche de nature à prévenir les crises ».

Restrictions dans le Morbihan
Les céréaliers français envisagent de réduire de 6% leurs semis de maïs cette année par rapport à 2004, indique-t-on au ministère de l’Ecologie. Dans la région Poitou-Charente, affectée par un déficit en eau, ce recul est estimé à 12% par rapport à l’an dernier, ajoute-t-on.

Le maïs – plante très gourmande en eau – nécessite une irrigation au moment de sa croissance, en juillet et août, « la pire période, car les cours d’eau sont traditionnellement au plus bas », a-t-on expliqué au ministère de l’Ecologie.

« Les acteurs de l’eau doivent rester très vigilants quant à l’évolution de la situation des ressources en eau et anticiper sur le risque de pénurie d’eau », indique le communiqué.

Les ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie soulignent que « le déficit pluviométrique cumulé sur les derniers mois est très important et fait suite à plusieurs années de sécheresse ».

Janvier a été « sec » sur la quasi-totalité du territoire, particulièrement dans les régions méditerranéennes. Une situation qui « fait suite à une période déjà sèche sur la majeure partie du territoire depuis le 1er septembre 2004 et vient renforcer les risques de sécheresse pour cet été ».

Dans le Morbihan, le préfet a limité vendredi l’usage de l’eau sur Belle-Ile, ce qui porte à quatre le nombre de départements touchés par des mesures de restriction, après la Vienne, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime.

Source : Reuters

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