France : les effets de la canicule de 2003 sur la vigne et le vin

Paris (France), 26 février 2004 – La canicule de l’été 2003 a eu sur la vigne et le vin des effets directs liés aux températures elles-mêmes et des effets indirects liés à la sécheresse. Les conséquences de la sécheresse climatique globale ont été « très variables » selon les cépages et terroirs.

« Pour la recherche en viticulture et en oenologie, cette année a été riche d’enseignements », explique l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui fait le point sur les impacts de la canicule dans un numéro spécial de son bulletin d’information « Presse Info » à l’occasion du Salon de l’agriculture.

Sous l’effet de températures dépassant 35 degrés et souvent voisines de 40, les vignobles, notamment en zone méditerranéenne, feuillage et grains se sont flétris, phénomène dit d’« échaudage ».

Les conséquences sont une réduction de l’activité des feuilles adultes les plus exposées, donc les plus susceptibles de réaliser la photosynthèse. Il s’agit du processus par lequel les plantes produisent des glucides à partir de l’eau et du gaz carbonique qu’elles peuvent fixer grâce à la chlorophylle, en employant la lumière solaire comme source d’énergie.

Autres résultats de ces « échaudages »: certains métabolismes du raisin se sont bloqués, par exemple celui de la coloration des grains, tandis que la structure des baies a été altérée.

Dans les vignobles, la sécheresse a provoqué essentiellement « une réduction, voire un blocage de l’activité du feuillage », accompagnée « assez souvent par des chutes estivales des feuilles les plus âgées ». L’ensemble a ralenti l’alimentation et entraîné une modification des cellules des jeunes sarments, « à la limite provoquant un dépérissement des ceps ».

Les conséquences de la sécheresse climatique globale ont été « très variables » selon les cépages et terroirs. De nombreuses parcelles ont bénéficié de conditions optimales -ensoleillement, etc.- pour la qualité du raisin. D’autres ont subi des contraintes thermiques et hydriques qui ont entraîné un changement de typicité des vins mais pas d’altération qualitative. D’autres enfin, « peu nombreuses », ont connu des blocages de maturation voire des dépérissements.

Un autre phénomène important a été la présence de températures nocturnes élevées qui, en fonction des terroirs, a eu des résultats différents sur le vin, « certains remarquables » sur la synthèse naturelle des arômes.

Source : AP

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