France : Premiers convois militaires de fourrage pour les agriculteurs

Saône-et-Loire (France), 10 septembre 2003 – Les premiers camions de l’armée transportant du fourrage depuis le nord du pays sont arrivés en Saône-et-Loire, dans le Charolais, l’un des premiers bassins allaitants de France, pour venir en aide aux éleveurs victimes de la sécheresse.

Les militaires, impeccables dans leurs tenues camouflées, étaient attendus avec impatience par les organisations agricoles du département qui avaient acheté 40 000 tonnes de fourrage, principalement dans l’Aisne et la Somme.

Les transporteurs privés et la SNCF ne pouvant faire face aux besoins de transport de paille durant l’été, le gouvernement a eu recours à l’armée, en coordination avec le ministère de l’Agriculture.

Quinze camions de l’armée de terre en provenance de l’Aisne, chargés de huit à dix tonnes chacun, ont été accueillis peu après 15H45 par un comité composé des autorités du canton et du département.

Dans le champ, où les camions se sont garés sous un ciel nuageux, des éleveurs, arrivés peu avant avec leurs tracteurs, attendaient de charger leurs remorques. « C’est du bonheur », lâchait l’un d’eux.

« Dans ces circonstances exceptionnelles, il était normal que l’armée française soit auprès de la nation », a déclaré à la presse le lieutenant-colonel Jean-Paul Franck, délégué militaire départemental, après que le président de la FDSEA, Christian Decerle, eut affirmé que pour la Saône-et-Loire, « l’un des plus grands départements d’élevage, la sécheresse avait été vécu particulièrement durement ».

« C’est un réconfort pour nous, il y a beaucoup d’inquiétude et de désespoir dans les campagnes, merci à l’armée », a dit un éleveur du coin, Jean-Luc Desbrosses.

Dans ce département qui compte 225 000 vaches allaitantes et 700 000 bovins au total, le déficit fourrager est estimé à 400.000 tonnes.

Le maire et conseiller général de la ville voisine de Gueugnon, André Lacroix (PS), a espéré que ce n’était pas seulement une « opération médiatique ». « J’espère que nous verrons d’autres convois militaires », a-t-il lancé.

Face à ces attentes, le préfet du département, Pierre-Henry Maccionni, a tenu à préciser que « les moyens militaires » venaient « en complément d’autres moyens ».

Un train chargé de 400 tonnes doit arriver jeudi matin en gare de Montchanin (Saône-et-Loire), ainsi que 15 camions de l’armée de l’air.

Et cinq à six autres ont été réservés, a indiqué le cabinet du préfet. De plus quelque 350 tonnes de paille arrivent chaque jour par la route, a indiqué un responsable agricole à la fin de la cérémonie, alors que le crachin commençait à tomber.

La France a engrangé en 2003 l’une des plus petites moissons de ces dix dernières années, notamment en blé et en maïs, après une abondante récolte céréalière en 2002, mais les blés devraient être « d’une qualité exceptionnelle », selon l’Office national interprofessionnel des céréales (ONIC).

« Les excès climatiques ont certes limité le volume de production de blé à 30 millions de tonnes, en recul de près de 20% par rapport à l’an dernier », a déclaré mercredi Christian Lapointe, président du conseil central de l’ONIC. Mais « le millésime 2003 de blé s’annonce sans nul doute le meilleur de la dernière décennie », a-t-il assuré.

Au total, 75% de la collecte est constituée de blés de qualité supérieure contre 54% en 2002, ce qui va permettre de valoriser des volumes importants de blé français en panification, a précisé l’ONIC.

Si la récolte de blé 2003 s’avère moins abondante que l’an passé, elle n’en demeure pas moins de bonne ampleur. La France sera ainsi en mesure de couvrir ses besoins intérieurs mais aussi d’approvisionner en blés « haut de gamme » ses clients traditionnels, au-delà des frontières.

Concernant le maïs, la canicule de cet été a « très fortement » amputé la production et les producteurs attendent une récolte « historiquement faible » de 11,4 millions de tonnes, en recul de près de 30% par rapport à 2002.

La récolte d’orge devrait s’établir à 10,1 millions de tonnes, en baisse de 900.000 tonnes par rapport à 2002, malgré une augmentation des surfaces de 5%.

Source : AFP

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