Front commun pour demander aux provinces de ne pas signer le cadre stratégique agricole

Winnipeg (Manitoba), 9 juillet 2003 – Les provinces qui adhèrent au Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA) le font sans l’appui de l’industrie et devront rendre des comptes.

C’est le message qu’a adressé ce matin la direction de la FCA aux ministres des paliers fédéral, provincial et territorial, lors de leur réunion à Winnipeg.

« Les dirigeants agricoles canadiens constatent avec amertume que les gouvernements ont raté une excellente occasion de rester fidèles à l’esprit de l’accord de Whitehorse par l’élaboration d’une entente viable à long terme pour l’agriculture en collaboration avec l’industrie, a déclaré le président de la FCA, Bob Friesen. Cet esprit de coopération s’est détérioré peu après Whitehorse, car les réserves exprimées par l’industrie à l’égard du volet Gestion des risques de l’entreprise sont depuis lors demeurées sans écho. »

Les dirigeants agricoles canadiens se sont réunis hier à Winnipeg avant la réunion des ministres de l’Agriculture des paliers fédéral, provincial et territorial afin de faire le point sur le Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA) et de recommander des mesures aux ministres en prévision de leurs délibérations. Plus tôt dans la journée, ils ont aussi rencontré les ministres de l’Agriculture des provinces. Les réunions ont débouché sur la présentation aux ministres d’une déclaration conjointe (en annexe) portant sur des recommandations et sur les questions en suspens.

La façon dont les programmes de gestion des risques de l’entreprise sont élaborés inquiète les dirigeants agricoles. Elle détonne par rapport à l’approche plus concertée qui anime l’élaboration des quatre autres volets du CSA. Les groupes de l’industrie appuient en principe les autres volets – en particulier celui de la salubrité des aliments et celui de l’environnement. Toutefois, comme ces autres volets dépendent de la rentabilité du secteur, l’industrie estime que le volet Gestion des risques de l’entreprise est essentiel à la réussite du CSA dans son ensemble.

« La mise en oeuvre du programme proposé de gestion des risques de l’entreprise n’abordera pas adéquatement les risques associés aux revenus agricoles, mais incitera l’industrie à continuer de réclamer des changements et des paiements ponctuels tout au long des cinq années du CSA, a ajouté M. Friesen. Ce résultat est à l’opposé de l’intention originale du CSA. »

Les dirigeants agricoles ont continué de réclamer une prolongation des programmes de 2002 au cours de l’année de production 2003, afin d’avoir le temps de régler les questions en suspens et de donner suite aux recommandations.

Les dirigeants agricoles ont aussi demandé aux ministres une réponse écrite à la déclaration sur la manière dont ils estiment que les programmes proposés pourraient aborder les recommandations et les questions en suspens, avant de signer tout accord de mise en oeuvre. Ils souhaitent aussi un engagement ferme à l’effet que tout nouveau programme serait examiné en partenariat avec l’industrie chaque année.

« Il ne s’agit nullement d’une tactique dilatoire, a souligné M. Friesen. Les producteurs sont appelés à faire un investissement de taille – plus de 2 milliards de dollars – dans ces programmes de stabilisation. Si nous devons tous vivre avec ces programmes pendant cinq ans, nous devons prendre le temps de travailler avec ceux qui tiennent vraiment au partenariat pour en régler tous les détails. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA)
http://www.agr.gc.ca/canadaentete/

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

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