Grippe aviaire : l’OMS pessimiste, confusion sur la vaccination de coqs

Bangkok (Thaïlande), 10 septembre 2004 – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que la grippe aviaire allait provoquer davantage de décès, après la mort d’une 9e victime en Thaïlande où régnait la confusion au sujet d’un programme de vaccination de coqs de combat.

Un éleveur de coqs de combat a succombé mercredi à la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire, devenant la 28e personne à mourir de la maladie en Asie, après le décès de 19 personnes au Vietnam et huit en Thaïlande.

La victime, âgée de 18 ans, est morte dans la province centrale de Prachi Buri, à l’est de Bangkok. L’éleveur était malade depuis la fin du mois dernier et ses 30 coqs sont morts.

Une personne de 16 ans proche de lui et qui s’occupait aussi des coqs de combat a été placée en observation.

« Hélas nous pensons que des cas (mortels) vont continuer d’apparaître chez les humains autant que, bien sûr chez la volaille », a indiqué à l’AFP Peter Cordingley, porte-parole régional de l’OMS joint à Pékin.

« Le virus est toujours présent et nous ne pensons qu’aucun réel progrès n’a été fait pour l’éradiquer pleinement », a ajouté M. Cordingley. Il a estimé que les éleveurs de coqs de combat étaient particulièrement exposés car l’entraînement des coqs exige de très nombreuses manipulations.

Le Premier ministre Thaksin Shinawatra a annoncé vendredi que le gouvernement autorisait la vaccination des millions de ces oiseaux élevés dans le royaume, mais pas celle des poulets.

« J’ai demandé aux responsables (…) d’autoriser la vaccination des coqs de combats, qui reste absolument interdite pour la volaille », a déclaré M. Thaksin à la presse.

Toutefois, M. Thaksin a ensuite été contredit par des hauts responsables de la Santé, qui ont affirmé que la vaccination demeurait interdite.

« Nous devons faire attention, car les vaccins permettraient de maintenir en vie des coqs contaminés », a dit Sudarat Keyuraphan, ministre de la Santé, dans un communiqué.

Charal Trinvuthipong, directeur du département de contrôle des maladies du même ministère affirmait de son côté qu’aucune décision sur des vaccinations n’avait été prise en attendant une réunion d’experts lundi.

La Thaïlande compte environ 30 millions de coqs de combat dans quelque six millions de foyers, selon l’Association thaïlandaise des coqs de combat.

Les autorités avaient déjà notamment interdit le déplacement des coqs de combat sur tout le territoire et imposé un « passeport » pour ces oiseaux dans certaines provinces lors de la première grande vague de l’épizootie.

Jusqu’à présent, la Thaïlande, 4e exportateur de poulets au monde qui avait dû procéder à l’abattage de dizaines de millions d’oiseaux, a rejeté farouchement toute idée de vaccination de poulets en dépit des conseils prodigués par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour éradiquer l’épizootie.

Une vaccination fermerait définitivement les portes du marché européen aux poulets de Thaïlande. L’Union européenne (UE) a déjà banni, jusqu’en décembre au moins, les importations de poulets du royaume.

Le Vietnam, la Malaisie, la Thaïlande, la Chine et l’Indonésie ont fait état de foyers de grippe dite « du poulet » depuis juillet, après la première vague qui avait tué 16 personnes au Vietnam et huit en Thaïlande et sinistré les industries de la volaille de ces deux pays d’Asie du Sud-Est.

Le Vietnam avait confirmé à la fin août la mort de trois nouvelles personnes –portant le total à 19– plus de quatre mois après avoir déclaré être débarrassé de la grippe aviaire. Un 20e cas mortel est fortement suspecté.

La Thaïlande avait, elle, plusieurs fois repoussé cette annonce avant de faire état fin juillet d’une résurgence du virus dans 27 des 76 provinces du pays.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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