Inondations : êtes-vous assurés?

La rivière Richelieu déborde, des centaines de terres sont inondées. Les assurances peuvent-elles compenser certains dommages subis par les entreprises agricoles?

La réponse : oui! Les agriculteurs qui souscrivent à une assurance « tous risques » pour leur ferme bénéficient de protections en cas d’inondations. Généralement, celles-ci ne couvrent pas les bâtiments, mais s’appliquent aux équipements.

« Les équipements agricoles, la machinerie, les tracteurs et leurs composantes électroniques, tout ça est couvert si un assuré subit la crue des eaux », dit Yves Courville, courtier en assurance de dommages chez Roméo Bessette et Fils, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Les assurances ne couvrent pas les dommages aux cultures. Par contre, certaines polices peuvent compenser la perte d’animaux.

Dans tous les cas, il importe de souscrire à une assurance avec l’étendue « tous risques ». L’impact sur la prime annuelle ne sera pas très significatif, dit Martin Grandchamp, du cabinet René Laporte et associés. « Actuellement, le marché de l’assurance est très favorable aux acheteurs. Ils peuvent se négocier d’excellentes primes. »

Comme tout le monde, les agriculteurs ne peuvent pas assurer leur résidence contre les inondations. Cette option n’est même pas disponible, dit Yves Courville. Sa collègue Élise Delorme note que généralement, la seule compensation offerte touche les frais de subsistance encourus si l’on doit se loger ailleurs. Ces frais ne sont remboursés que pour un maximum de deux semaines, à la condition que les autorités civiles aient émis un avis d’évacuation.

La bonne nouvelle est que les agriculteurs, par la nature « hybride » de leur assurance, qui n’est ni strictement résidentielle, ni strictement commerciale, bénéficient d’un avantage de taille dans leur protection en cas d’inondation.

Dans les contrats d’assurance commerciaux, la franchise est habituellement de l’ordre de 25 000 $ en cas de réclamation lors d’une inondation. Pour les agriculteurs, la franchise est celle qui a été convenue (250 $, 500 $, 1000 $ ou plus) pour tout type de réclamation.

La plupart des agriculteurs ne sont pas branchés sur le réseau d’égouts municipal, mais il importe de noter que le refoulement d’égout est un risque différent que celui d’inondation. Les refoulements d’égout peuvent être couverts, en étant mentionnés explicitement dans la police.

Relisez votre police d’assurance! Et si vous ne souscrivez pas à une formule « tout risque », dites-vous que le débordement du Richelieu que nous connaissons n’était pas prévisible, tout comme le grand verglas de 1998.

Commentaires