Un long processus de cueillette de données débuté lors des inondations de 2017 et 2019 viendra à terme cette année. Radio-Canada indique dans un article que le gouvernement dévoilera cet automne une nouvelle carte des zones inondables au Québec et les usages permis sur ces terrains. Considérant que de nombreuses terres agricoles se trouvent en zone inondable, ces dernières pourraient-elles être visées par le nouveau cadre réglementaire?
La professeure Pascale Biron, de l’Université Concordia, est experte en hydrogéomorphologie. Elle a travaillé sur le projet et estime que les premières cartes à être dévoilées plus tard cette année toucheront probablement les zones urbaines, plutôt que les zones rurales, en raison des préoccupations pour la sécurité publique. Elle considère toutefois que les terres agricoles risquent peu d’être affectées par les nouvelles cartes. « Cela m’étonnerait parce que ce ne sont pas des zones peuplées et elles bénéficient de la crue des eaux par le limon qui est déposé ». Ces crues se produisent également de manière ponctuelle et sont prévisibles.
Là où le gouvernement montre toutefois de l’intérêt est dans un autre projet qui souhaite déterminer où se trouvent sur le territoire l’érosion et les pertes de terres, qu’elles soient agricoles ou non. Pascale Biron explique qu’il ne s’agit pas du même problème de gestion que dans le cas des zones inondables. Il faut en effet établir des modèles et à cette fin, comprendre la mobilité des rivières, ce qui est beaucoup plus complexe que de connaître le débit des cours d’eau et prévoir la profondeur de l’eau. « Ce ne sont pas les mêmes enjeux et c’est à beaucoup plus grande échelle. Cela concerne tous les bassins versants sur la totalité du territoire du Québec. »
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La phase 1 de ce projet est terminée. L’équipe, qui avait déterminé différents modèles mathématiques, les ont testé, ce qui s’est avéré être beaucoup plus difficile que prévu en raison de la quantité des paramètres à tenir compte. La deuxième étape qui débute cette année s’échelonnera sur trois ans. Il s’agira alors de développer des outils et de mieux comprendre le transport des volumes afin de caractériser le comportement des rivières. C’est une tâche monumentale puisqu’il faut comprendre la dynamique du déplacement des sédiments en tenant compte des types de sol et des caractéristiques de l’environnement.
Les résultats seront connus dans plusieurs années, mais il faut travailler dès maintenant pour connaitre ce que nous réserve l’avenir, surtout en considérant l’impact des changements climatiques. « Il faut mieux savoir ce qui nous tombera sur la tête », dit la spécialiste. L’hydrogéomorphologue collabore déjà avec de nombreux responsables de bassins versants en milieu agricole puisqu’ils sont jugés plus faciles à améliorer.
Les cartes des zones inondables seront, quant à elles, dévoilées par étape. En attendant, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs doit prépublier au printemps le projet de règlement permanent encadrant l’aménagement du territoire en zones inondables. Selon Radio-Canada, « la période de consultation officielle sera d’une durée de 45 jours, alors que l’adoption du règlement doit avoir lieu à l’automne 2024 ».
Parmi les changements à venir, les cotes de crue 0-20 ans et 0-100 ans seront mises de côté pour favoriser une échelle des niveaux de risque de « faible », « modéré
» et « élevé
» afin de refléter le risque.
Le gouvernement a prévu mettre en place des bureaux de projets régionaux pour veiller à la transition entre les deux systèmes de cartes.