IV – Plus de rendement S.V.P.

Au Québec, les rendements moyens en soya stagnent, voire diminuent. Pourquoi? Le Bulletin.com a recueilli l’avis d’experts de l’industrie.

Dans ce quatrième article d’une série qui se poursuivra au cours des prochaines semaines, on examine la question de la fertilisation et de l’inoculation. Nos champs de soya sont-ils sous-fertilisés? Une meilleure attention à la qualité du sol pourrait-elle mener à de meilleurs rendements?

Fertilisation et inoculation

« La plupart des producteurs fertilisent peu ou pas le soya. C’était une pratique acceptable à l’époque où les producteurs avaient tendance à surfertiliser le maïs. Le soya est excellent pour soutirer les éléments nutritifs du sol qui n’ont pas été utilisés l’année précédente. Maintenant que les pressions environnementales ont fait diminuer la quantité d’intrants appliqués dans le maïs, il en reste bien peu pour le soya. Les producteurs auraient avantage à consulter les grilles de fertilisation autant pour le soya que pour le maïs. » – Martin Lanouette, Syngenta Semences NK

« Notre équipe technique remarque de plus en plus de carences en oligo-éléments surtout en manganèse. Des analyses du sol pour corriger et maintenir une fertilisation optimale sont fortement conseillées. » – Hicham Bali, SG Ceresco

« Le pH du sol devrait être au minimum de 6,5 pour optimiser l’absorption des éléments nutritifs de la solution de sol. On doit viser une bonne richesse de sol et porter une attention particulière au molybdène, un élément important pour la nodulation, conséquemment pour la fixation de l’azote. » – Patrice Bouchard, Maizex

« On se satisfait trop souvent par la présence de quelques nodules visibles. Sont-ils suffisants pour fournir l’énergie nécessaire à de gros rendements ? Difficile d’y répondre, mais on peut penser que plus le système racinaire est développé et plus il y a de nodules : plus on a de chances d’atteindre de gros rendements. La symbiose entre les Bradyrhizobium japonicum et le soya se fera sous certaines conditions : air suffisant aux racines, faible concentration de nitrates naturels dans le sol, chaleur adéquate et humidité du sol optimale. » – Patrick Leduc et Annie Desrosiers, Pioneer

« Le soya répond faiblement à la fertilisation, par contre, il lui faut un sol avec un bon niveau de fertilité pour bien produire. Trop souvent, on voit des carences visuelles de potasse et magnésium. Il est important de ne pas se fier uniquement à la réserve des sols, surtout s’ils ne sont pas au moins classés comme étant riches. » – François Labrie, La Coop fédérée

« Le soya est une plante difficile à comprendre. La réponse à la fertilisation varie d’un producteur à l’autre. C’est un aspect que l’on devra regarder de plus en plus. » – Stéphane Myre, Dekalb

« Une croissance ralentie du soya en semis direct sur retour de maïs-grain est due aux bactéries de surface. Celles-ci ont besoin d’azote pour se multiplier et décomposer les résidus de la culture. Elles laissent donc peu aux jeunes plants de soya pour créer racines, nodules et feuilles. Le feuillage nécessite, quant à lui, un minimum d’azote tôt en saison. » – Patrice Bouchard, Maizex

Consultez les articles précédents:

I – Plus de rendement S.V.P.

II – Plus de rendement S.V.P.

III – Plus de rendement S.V.P.

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