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La chrysomèle des racines fait-elle un retour en force?

Avez-vous observé des plants de maïs en col d’oie cette année? Y a-t-il eu de la verse dans certaines parties de vos champs? Ce sont peut-être les signes d’une infestation de chrysomèle des racines. «J’ai vu plusieurs champs endommagés par la chrysomèle dans le sud de Montréal et en Montérégie Est, témoigne Stéphane Myre, agronome régional Dekalb pour le Québec. Il m’apparaît probable qu’il y en ait eu dans d’autres régions.»

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Il y a deux espèces de chrysomèle des racines. Elles se distinguent par la couleur de l’adulte. L’espèce dite du Nord est de couleur vert pomme, alors que l’espèce de l’Ouest a un dos jaune avec trois rayures noires. «Les deux peuvent être dommageables, mais le potentiel de reproduction de la chrysomèle des racines de l’Ouest est beaucoup plus élevé, indique l’agronome.

Les adultes apparaissent fin juillet-début août. On les voit voler dans les champs jusqu’au début de l’automne. Ce n’est toutefois pas au stade adulte que l’insecte cause problème, mais plutôt au stade larvaire. «Il peut arriver que les adultes coupent les soies, mais j’ai rarement vu de situation où cela avait affecté la pollinisation», dit-il.

L’adulte pond des œufs dont émergeront des larves le printemps suivant. Les jeunes larves, qui sont de taille microscopique, s’alimentent à partir des racines du maïs, en juin particulièrement. Dans les premiers temps, les dommages sont difficilement visibles sur les plants.

«Bien souvent, à un niveau d’infestation modéré, les larves s’attaquent aux racines sans tuer le plant, décrit Stéphane Myre. Le plant peut même développer de nouvelles racines pour compenser. Souvent, en l’absence de signes visuels, la perte de rendement se limitera autour de 10 à 15 pour cent. Dans les cas d’infestation plus sévère, on observe des plants dont la base de la tige présente le symptôme du col d’oie. Des racines étant détruites, le plant se couche et il courbe ensuite pour se redresser. Il peut également survenir de la verse.»

«Pour évaluer les dommages causés par la chrysomèle des racines, poursuit-il, il faut prendre le temps d’examiner les racines. Il existe d’ailleurs une échelle de sévérité des dommages, qui va de de 0 à 3.»

Difficile de déterminer pourquoi il y a eu une résurgence cette année. «Je suppose que les conditions particulièrement chaudes qui ont prévalu cet été y sont pour quelque chose», dit le représentant, qui mentionne au passage que l’insecte préfère les sols à tendance lourde.

Il existe deux façons de se prémunir contre des dommages. La première, on le devine, c’est d’éviter de semer maïs sur maïs puisque la chrysomèle ne pond que dans cette culture et que les larves ne s’attaquent qu’aux racines du maïs.

«L’autre moyen, complète Stéphane Myre, c’est de choisir des hybrides pourvus d’un trait biotechnologique assurant une protection spécifique contre cet insecte.»

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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