La FPCCQ réagit au rapport Saint-Pierre

Longueuil (Québec), 30 mars 2009 – « Nous sommes abasourdis par ce rapport qui n’apporte absolument rien de nouveau contrairement à ce que nous étions en droit de nous attendre afin d’assurer le développement à long terme de notre secteur ». C’est en ces termes que M. Christian Overbeek, président de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec, réagit au contenu du rapport.

Tout comme le programme Agri investissement du gouvernement fédéral, le programme proposé dans le rapport est une forme de complément aux revenus offert à tous, sans égard aux besoins réels. D’ailleurs, les programmes fédéraux ont été très inefficaces par le passé et ont nécessité des investissements supplémentaires de l’ordre de 1 G $ par année pour éviter la catastrophe. « Nous en concluons que c’est un rapport qui est à la remorque du monde d’illusion et d’incompréhension où baigne le gouvernement fédéral en matière de soutien agricole », ajoute M. Overbeek.

« Il est clair que ce rapport recherche la facilité en se cachant derrière de fausses obligations envers le gouvernement fédéral et des règles de l’OMC que malheureusement plusieurs pays ne respectent même pas. D’ailleurs, le concept de souveraineté alimentaire, pourtant identifié comme un point d’importance, semble avoir été mis de côté. Il m’apparaît même que ce qui y est proposé est contraire ».

« De plus, le rapport de M. Michel R. Saint-Pierre semble traîner le boulet du rapport Pronovost qui laissait de côté une bonne part de la réalité agricole québécoise et canadienne. Surtout en matière de soutien à la production de grains alors que de très nombreux observateurs au Canada conviennent qu’un seul et même type de programme de base pour tous les secteurs et toutes les régions est suicidaire. L’Ontario a justement créé un programme similaire à l’ASRA afin de se sortir du marasme », poursuit M. Overbeek.

« Je suis préoccupé par certains énoncés du rapport qui manquent de nuance ainsi que par d’autres qui sont à mon avis dépourvus de réalisme à propos de la productivité et de la réponse aux signaux du marché. Contrairement à ce que mentionne le rapport, la productivité du secteur des grains n’a pas cessé d’augmenter depuis les 25 dernières années », affirme le président de la Fédération.

En matière de réponse aux signaux du marché, le Québec produit actuellement les denrées les plus en demande dans le monde, soit les céréales fourragères et les graines oléagineuses. Au Québec, comme partout dans le monde, la production de ces grains a augmenté malgré les bas prix et les difficultés financières des entreprises afin de répondre à la demande et à l’effritement des stocks de grains.

« Pourquoi est-ce qu’une augmentation de production est un problème ici mais pas ailleurs », insiste M. Overbeek. « Au bout du compte, il n’y pas de bases très solides pour justifier de mettre fin au programme ASRA au lieu de le bonifier ou de l’améliorer. Et surtout de le remplacer par un seul et même type de programme de base pour tous, façon de faire reniée par la très grande majorité des producteurs de grains du Canada alors qu’il y a un Farm Bill américain, toujours très généreux envers les producteurs de grains des États-Unis, qui a été renouvelé intégralement en 2008 ».

D’ailleurs, je trouve déplorable que M. Saint-Pierre utilise seulement les années 2002 à 2005 comme base de comparaison entre le soutien des producteurs américains et des producteurs québécois. En élargissant la période, on se rend bien compte que le producteur américain est favorisé ». La Fédération constate que les recommandations du rapport semblent faire abstraction de cette réalité notamment de la proximité des États-Unis.

Finalement, les mesures proposées ne sont pratiquement pas définies et le rapport reste muet sur l’évaluation des retombées et des impacts. « Les mesures transitoires qui seront appliquées à l’ASRA vont déjà avoir un impact négatif car elles abaisseront davantage le niveau de soutien aux grains locaux alors que les grains importés des États-Unis sont déjà plus généreusement subventionnés selon les données de 2007 et 2008. Je n’ose pas imaginer la catastrophe lorsque que le nouveau programme proposé entrerait pleinement en application », souligne avec inquiétude M. Overbeek. Il faut toutefois saluer l’ouverture du rapport face à certaines de nos revendications, tels que les services-conseils, le concept d’aide aux investissements productifs et l’aide aux régions périphériques.

« Certains ajustements du programme ASRA sont nécessaires mais ils devront être basés sur les coûts de production ainsi que sur la rémunération du gestionnaire. Il n’y a aucune référence à ce sujet dans les futurs programmes proposés par M. Michel R. Saint-Pierre. Il s’agit donc d’un rapport diviseur plutôt que rassembleur ce qui constitue un problème majeur », conclut M. Overbeek.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec
http://www.fpccq.qc.ca/

Organisation mondiale du commerce (OMC)
http://www.wto.org/

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