La levée du moratoire sur la production porcine ne respecte pas les principes de développement durable

Québec (Québec), 15 décembre 2005 – Le député des Îles-de-la-Madeleine etporte-parole de l’opposition officielle en matière d’agriculture, de pêcherieset d’alimentation, M. Maxime Arseneau, et le député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement, M. StéphanTremblay, dénoncent l’inaction du gouvernement libéral qui n’a pas réussi à réunir les conditions propices pour que la levée du moratoire sur la production porcine se fasse dans le respect des principes du développement durable.

Les députés rappellent que, lorsque le gouvernement précédent avait prisla décision d’imposer un temps d’arrêt pour le développement de la productionporcine, il avait aussi mandaté le BAPE dont le mandat était d’établir lecadre de développement durable de la production porcine en tenant compte à lafois des aspects économiques, sociaux et environnementaux. Après une vasteconsultation, le BAPE a transmis, en septembre 2003, son rapport contenant58 recommandations. Or, depuis 2 ans, le gouvernement n’a donné suite,partiellement, qu’à 12 de ces recommandations, soit 20 % de l’ensemble durapport du BAPE.

Lors de l’annonce de son plan d’action, en mai 2004, le gouvernementCharest promettait de donner suite à l’ensemble des recommandations. Pourtant,18 mois plus tard, 46 recommandations du BAPE sont toujours ignorées. «Leministre Mulcair doit, sans délai, nous dire quand il fera connaître sesorientations pour le suivi que son gouvernement entend faire relativement à lamise en application de l’ensemble des recommandations du rapport du BAPE», asoutenu le député Stéphan Tremblay.

Pour sa part, le député Maxime Arseneau s’explique mal que legouvernement n’ait toujours pas donné suite à son engagement de mai 2004d’accompagner financièrement les producteurs de porcs pour la mise en place denouvelles technologies dans les entreprises existantes, notamment à l’égard dela réduction des odeurs et du traitement des lisiers à la ferme. «Legouvernement libéral a fait la sourde oreille aux demandes des producteurs quiavaient pourtant espoir lorsqu’il a fait connaître cette orientation en mai2004. Quand ils ont dit avoir été floués par le gouvernement, force est deconstater qu’ils avaient raison», a signalé M. Arseneau. Il déplore égalementqu’aucun investissement concret n’ait été fait pour une autre orientationavancée en mai 2004, soit celle d’investir davantage en recherche etdéveloppement.

L’opposition officielle invite le gouvernement à retenir certainessuggestions qui lui ont été soumises récemment afin de mieux encadrer lesconsultations prévues dans le processus actuel. «A l’heure actuelle, cesconsultations sont en fait des séances d’information où le promoteur disposedéjà de son certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement. Cela nerépond pas à la recommandation du BAPE qui prévoyait l’implication de lamunicipalité, avant même l’émission dudit certificat», a indiqué M. Tremblay.Ainsi, le gouvernement doit envisager la possibilité de prendre un certainnombre de mesures qui peuvent être mises de l’avant sans changementlégislatif. «Dans l’éventualité où cela n’était pas suffisant, un changementlégislatif s’imposera assez rapidement», a déclaré M. Arseneau.

Pour l’opposition officielle, l’avis 30 du rapport du BAPE qui stipule«qu’il est acceptable que la production porcine québécoise puisse croître aumême rythme que la production mondiale afin de conserver sa part dans cemarché» doit être au coeur de l’action gouvernementale, mais cela doit sefaire dans le respect des règles environnementales, selon les principes dedéveloppement durable auxquels l’acceptabilité sociale joue un rôle majeur.Pour y parvenir, il s’avère essentiel de retenir la recommandation 23 quiprévoit que le gouvernement doit être attentif aux répercussions que pourraitentraîner, sur le coût de production et sur la viabilité économique dusecteur, la mise en oeuvre de mesures environnementales et qu’en conséquence,une aide financière ciblée et adéquate est nécessaire.

Pour le député de Lac-Saint-Jean, il appert que le gouvernement Charestn’a toujours pas pris en considération des recommandations importantes ayanttrait à la protection des cours d’eau, notamment les recommandations 49, 50 et51 où le BAPE invite le gouvernement à prendre les mesures pour maximiserl’efficacité des bandes riveraines.

Par ailleurs, bien que l’avis 25 du BAPE énonce que «dans l’état actueldes connaissances en santé publique, les données disponibles ne sont passuffisamment précises et scientifiquement fondées pour interdire la productionporcine au Québec, en recommander l’abandon, ou pour proposer des normes dedistance séparatrice», l’opposition officielle réclame que les travauxdemandés par le BAPE aux recommandations 17, 18 et 19 soient dévoilés dans lesmeilleurs délais afin que l’ensemble de la population puisse avoir l’heurejuste.

«Malgré tout, il est clair que les perspectives de développement del’industrie porcine sont inquiétantes dans l’état actuel et dans la mesure oùle gouvernement n’a rien fait pour améliorer l’acceptabilité sociale, le pivotdu concept de développement durable. Il est temps que le gouvernement renversecette tendance et décide enfin de mettre en place les autres recommandationsdu rapport du BAPE. Le gouvernement Charest doit passer en mode action etprendre ses responsabilités», ont conclu les députés.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)
http://www.bape.gouv.qc.ca/

Ministère Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec
http://www.menv.gouv.qc.ca

Parti québécois
http://partiquebecois.org/

Commentaires