La récolte de maïs bien entamée

Après bien des craintes après le gel du 19 septembre dernier, la récolte de maïs a finalement pris son envol depuis plus d’une semaine, au point que certaines régions auraient près de la moitié de leurs champs récoltés. La qualité serait par contre variable, selon les dates de semis. Les champs semés le plus tôt en mai ont eu le temps de terminer leur maturation sans trop de problèmes alors que les autres ont subi les conséquences du gel hâtif.

Selon François Labrie, agronome pour la Coop fédérée, la moitié des champs dans la région de Saint-Hyacinthe seraient récoltés, avec un taux d’humidité avoisinant les 20 et 22%. Même chose pour le Centre-du-Québec et certaines parties de la Rive-Nord. Les récoltes seraient toutefois moins avancées vers Napierville et la région de Québec. « En terme de qualité, c’est très variable. Les champs semés avant le 18 et le 20 mai s’en tirent assez bien mais le poids spécifique est faible avec du 60 et 62 kilos à l’hectare », explique M.Labrie.

Les régions de l’Est de la province et de Québec seraient en effet près d’une semaine en retard par rapport aux années passées, estime Vincent Chifflot de Dekalb. « Il y aurait entre 10 et 15% des champs de récoltés. La météo ne collabore pas et certains producteurs préfèrent terminer le soya avant de commencer le maïs (…) Le rythme devrait augmenter dans les prochains jours avec le froid qui est prévu. Le sol sera plus dur et l’air plus sec ».

L’agronome est toutefois surpris par le rendement obtenu jusqu’à maintenant par les parcelles de Dekalb. Les cultures ont bénéficié de plus d’unités thermiques qu’en moyenne, ce qui a donné des épis bien complétés sur les plants et une population uniforme partout dans les champs. « Le rendement est le même que les prévisions faites avant le gel, avec du 11 à 12 tonnes à l’hectare. Les grains sont toutefois plus légers. Sans le gel, 2014 aurait été une très bonne année ».

M.Chifflot a en effet observé sur l’épi des grains rabougris, renfoncés d’environ du tiers. Il interprète cet état des grains par leur manque de maturité au moment du gel. « La partie renfoncée devait être encore pâteuse et le transfert en amidon n’a pu se faire. On ne voit pas ça dans les champs qui ont été moins affectés par le gel ».

Francois Labrie a de son côté remarqué une plus grande fragilité des plants cette année. Les tiges ont transféré leur sucre vers les épis au moment du gel. Conséquence, les plants se sont défoliés et les tiges sont maintenant vides, d’où l’importance d’aller observer sur le terrain les champs les plus affectés pour les récolter en premier. « Je n’ai pas remarqué de verse pour le moment mais plus le temps va avancer, plus les conditions seront difficiles, avertit l’agronome.  Il faudra revoir sa stratégie si les récoltes débordent en novembre ». M.Labrie recommande aussi d’examiner les grains pour y déceler la présence de toxines et cribler au besoin les grains abimés.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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