Élargissement de la Loi sur les normes du travail aux travailleurs agricoles

Sainte-Croix de Lotbinière (Québec), 4 novembre 2002 – Alors que le BAPE sur l’industrie porcine poursuit sa tournée provinciale, les citoyens se demandent quand ils auront réponse à leurs questions. En effet, la plupart des experts invités, provenant principalement de l’industrie agricole et des ministères, ne satisfont que de façon bien incomplète aux requêtes des citoyens.

Devant les régulières interventions de la Coalition citoyenne et de l’Union paysanne sur les impacts de la production industrielle porcine, le MAPAQ particulièrement offre une prestation lamentable, mal

préparée et peu documentée. Pendant ce temps, les représentants de l’UPA persistent à contester les
rares données ou à en reporter la faute à d’autres secteurs de l’économie.

Et pourtant, lorsque les autorités affirment que 82% des fermes sont en surplus de phosphore ou qu’en
moyenne au Québec les applications en phosphore couvrent les besoins des cultures à 243%, on peut
chipoter sur l’actualisation des données ou sur leur précision mais on ne peut plus balayer sous le tapis la gravité de la situation. Et l’intention de trouver des solutions technologiques au problème de fond que représente l’industrialisation agricole n’offre que peu de crédibilité, qu’il s’agisse de l’ajout
d’enzymes dans la nourriture des cochons, d’autres modèles d’abreuvoirs ou la transformation de lisier de porc en granules pour des fins de jardinage comme le propose le MAPAQ.

En effet, la commission du BAPE aura beaucoup à faire pour apaiser les citoyens et l’attitude de plus en plus affichée du commissaire Alfred Marquis, sorti des rangs de la Fédération des producteurs de porcs, ne va pas aider. Le devoir de réserve du code d’éthique des membres du BAPE dicterait à M. Marquis de retenir son opinion concernant un projet controversé lié à l’environnement.

Les citoyens sont outrés de constater que les représentants du MAPAQ, théoriquement un ministère
travaillant pour les citoyens puisqu’alimenté par leurs taxes, se range du côté de l’industrie et
recommande de refiler aux contribuables une facture de décontamination de lisier, alors que la population paie encore pour convertir les fermes au lisier.

Si les citoyens ont hâte de voir arriver des experts en mesure de répondre, on peut se demander si nous n’avons pas tout simplement oublié le principe de précaution en nous aventurant dans l’industrialisation porcine sans avoir fait l’analyse sérieuse du dossier.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)

http://www.bape.gouv.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne

http://www.unionpaysanne.com/

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