L’économie des provinces remontera en 2002, mais les conditions du marché de l’emploi demeureront difficiles

Toronto (Ontario), 20 décembre 2001 – Stimulée par les baisses du taux d’intérêt et la politique budgétaire expansionniste actuellement en vigueur en Amérique du Nord, l’économie dans la plupart des provinces devrait reprendre son essor en 2002, mais le marché du travail demeurera anémique durant la majeure partie de l’année, annoncent les économistes de TD dans leur nouvelle édition de la Mise à jour économique provinciale trimestrielle. « Tout comme le taux d’emploi a tardé à réagir au ralentissement de l’économie cette année, nous croyons que la création d’emplois ne redémarrera pas à la même vitesse que la reprise économique », affirme Derek Burleton, économiste principal du Groupe Financier Banque TD.

Une tendance à la baisse des bénéfices entraînera une intensification des réductions de coûts

M. Burleton remarque que tout porte à croire que le pire reste à venir sur le marché de l’emploi dans les provinces.

Cette année, les entreprises canadiennes ont maintenu les emplois, en conservant les travailleurs sous-utilisés dans l’espoir que la conjoncture s’améliorera bientôt.

A l’automne 2001, bon nombre de sociétés ont choisi de réduire les heures de travail plutôt que de mettre des travailleurs à pied.

A mesure que les économies provinciales se détérioraient, surtout après les attentats terroristes, les entreprises canadiennes ont commencé à remplacer les postes à temps plein par des postes à temps partiel.

Les bénéfices étant soumis à d’énormes pressions, et en l’absence de signes évidents de reprise, les sociétés devront absolument réduire leur personnel afin de diminuer les coûts.

La situation du marché de l’emploi sera déplorable partout au pays

« Bien que nous ne nous attendions pas à des taux de chômage atteignant les deux chiffres comme cela a été le cas durant la récession de 1990-1991, déclare M. Burleton, la situation de l’emploi dans les provinces ne se redressera probablement qu’au cours du deuxième semestre de 2002, même si la conjoncture économique commençait à s’améliorer au cours du premier ou du deuxième trimestre de 2002. » Ainsi, selon les prévisions, la création d’emplois dans les provinces se fera à un taux avoisinant zéro ou à un taux négatif.

La récente progression du niveau de vie des Canadiens cessera en 2002

L’avenir sombre du marché du travail à court terme signifie surtout que la récente progression du niveau de vie, mesurée par les variations du revenu disponible réel par habitant, connaîtra probablement une fin brutale l’an prochain. M. Burleton signale que depuis 1997, le revenu disponible réel par habitant s’est accru dans l’ensemble des provinces, grâce à une hausse du taux d’emploi et aux réductions d’impôt des particuliers. « Toutefois, compte tenu des perspectives peu reluisantes en matière de création d’emplois en 2002, de la quasi-absence de nouvelles réductions d’impôt des particuliers à l’horizon et d’une majoration notable des primes à verser au RPC prévue pour le 1er janvier, le niveau de vie reculera probablement dans la plupart des provinces en 2002 », poursuit Derek Burleton. Selon les économistes de TD, le plus important recul sera enregistré en Ontario, alors que Terre-Neuve et Labrador, la Saskatchewan et le Manitoba verront le niveau de vie de leur population augmenter.

Points saillants régionaux :

Parmi les provinces, l’économie de la Colombie-Britannique devrait enregistrer le plus faible taux de croissance en 2002, car la diminution des dépenses du gouvernement annulera les effets bénéfiques des réductions d’impôt prévues pour l’année prochaine, et la stagnation du marché du logement aux Etats-Unis retardera la reprise de l’industrie forestière dans cette province.

En Alberta, un ralentissement probable des activités de l’industrie pétrolière freinera temporairement la croissance du PIB réel en 2002. Cependant, au cours du deuxième semestre de 2002, une certaine remontée du prix du pétrole brut et du gaz naturel, ainsi que de la demande des exportations de la province de la part des Etats-Unis, seront des conditions idéales pour une relance rapide de l’économie en 2003.

Après n’avoir affiché aucune croissance du PIB réel en 2001, l’économie de la Saskatchewan devrait remonter timidement la pente en 2002, grâce surtout à un relèvement prévu de la production agricole qui suivra immédiatement la piètre performance de cette année.

L’économie du Manitoba, qui a relativement bien résisté cette année grâce à sa structure bien diversifiée, enregistrera une accélération graduelle de sa croissance en 2002-2003, poussée par une demande nord-américaine à la hausse envers les exportations manitobaines.

Les niveaux des stocks de l’industrie automobile ayant été considérablement réduits au cours des derniers mois, le secteur manufacturier de l’Ontario devrait revenir à la stabilité durant le premier semestre de 2002. Il faudra patienter jusqu’au deuxième semestre avant de constater une amélioration significative de l’économie et du marché de l’emploi dans cette province.

Malgré le train de mesures de relance annoncé par le gouvernement du Québec dans son budget de novembre 2001, seule une légère remontée de l’économie est prévue en 2002, car un affaiblissement du taux d’emploi freinera sans doute les dépenses des consommateurs au premier semestre de 2002.

La reprise économique au Nouveau-Brunswick sera étriquée en 2002, étant donné que l’activité des industries forestière et de la construction non résidentielle de la province sera globalement faible, ralentissant la croissance du taux d’emploi et nuisant à la confiance des consommateurs.

Même si l’on s’attend à ce que les consommateurs en Nouvelle-Ecosse demeurent prudents au cours du premier semestre de 2002, le rebond de l’industrie de la construction et de l’industrie minière non-énergétique devrait faire accroître modestement le PIB réel de la province en 2002.

L’économie de l’Ile-du-Prince-Edouard devrait offrir des perspectives un peu plus reluisantes pour 2002, à mesure que le secteur agricole de la province émergera du marasme de cette année et que l’industrie touristique, accompagnée d’un regain de confiance en Amérique du Nord, connaîtra une reprise.

Etant donné que l’industrie pétrolière et gazière devrait se relever de nouveau en 2002, par suite d’une montée en flèche de la production pétrolière en mer sur les champs de Terra Nova et d’Hibernia, la croissance économique à Terre-Neuve et Labrador devrait bondir pour atteindre un taux d’environ cinq fois supérieur à la moyenne nationale l’an prochain.


PIB REEL PROVINCIAL AUX PRIX DE BASE
Variation en pourcentage

Prévision Prévision Prévision
2001 2002 2003

CANADA 0,8 1,3 3,4

Terre-Neuve et Labrador 1,6 6,0 3,4
I.-P.-E. 0,9 1,6 2,8
Nouvelle-Ecosse 1,0 1,3 3,2
Nouveau-Brunswick 0,4 1,0 2,9
Québec 0,7 1,2 3,3
Ontario 0,4 1,4 3,6
Manitoba 1,2 1,6 3,1
Saskatchewan 0,0 1,4 3,2
Alberta 2,7 2,0 3,4
Colombie-Britannique 0,8 0,9 2,9

PIB réel : Produit intérieur brut réel en dollars de 1997
Prévision du Service des études économiques TD en date de décembre 2001
Sources : Statistique Canada, Service des études économiques de la Banque TD

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Banque Toronto Dominion (TD)

http://www.tdbank.ca/

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/

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