Le climat devient un indice boursier en Europe

Paris (France), 21 janvier 2002 – Des indices boursiers de température ont été lancés lundi en France par Euronext et Météo France pour permettre à terme aux entreprises de limiter les risques financiers liés aux vagues de chaleur ou de froid.

Calculés sur une base quotidienne ou trimestrielle, ces indices mesurent les températures moyennes sur l’ensemble de la France et sur cinq villes – Paris, Lyon, Strasbourg, Bordeaux et Ajaccio – considérées comme représentatives des 22 régions. L’ensemble de ces produits fait partie d’une nouvelle gamme d’indices Euronext: NextWeather.

Météo France et Euronext, bourse issue de la fusion des places d’Amsterdam, de Bruxelles et de Paris, comptent étendre leur couverture à la Belgique et aux Pays-Bas en septembre et à d’autres pays européens par la suite.

Lorsque ces indices feront suffisamment référence, ils serviront de base à des produits dérivés, outils de couverture pour les entreprises dont l’activité est fortement liée aux aléas climatiques.

Un producteur de boissons qui craindrait la chute de ses ventes si l’été est trop frais pourra s’assurer contre ce risque en achetant une option de vente indexée sur l’indice NextWeather, expliquent Euronext et Météo France.

Si la température descend au-dessous d’un seuil fixé à l’avance, il pourra exercer son option de vente. Le gain touché par le producteur sera d’autant plus important que la température sera basse, ce qui compensera la perte provoquée par le froid.

« La demande pour ce type de produits financiers devrait augmenter en raison de l’extrême sensibilité aux variations météorologiques de nombreux secteurs d’activité (agriculture, distribution, énergie, loisir et tourisme, BTP, textile…) », estiment Euronext et Météo France.

Des groupes énergétiques peuvent fréquemment avoir à gérer un hiver trop doux et des agriculteurs un coup de gel destructeur pour les récoltes.

« On estime que 80% des entreprises sont directement ou indirectement dépendantes des variations météorologiques », a précisé lors d’une conférence de presse le directeur commercial de Météo France, Jean-Pierre Mac Veigh.

Citant les chiffres de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), Météo France et Euronext rappellent que les tempêtes de 1999 dans l’Hexagone ont coûté 7 mds EUR aux compagnies d’assurance.

En 2005, le marché de couverture des risques climatiques devrait atteindre 70 milliards de dollars (84,8 mds EUR) dans le monde. Ce type de produit de couverture est utilisé depuis longtemps sur les matières premières, certaines entreprises fortement consommatrices d’énergie devant anticiper d’éventuelles flambées des prix du pétrole.

Face au développement des contraintes et des risques environnementaux des entreprises, les produits dérivés sont encore appelés à se diversifier, estime Euronext. La Bourse, qui a lancé en septembre 2001 un produit dérivé sur le vin, effectue ainsi des simulations sur des échanges de « contrats de droits à polluer ».

Source : AFP

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