Le compostage joue un rôle précieux en production porcine

Ottawa (Ontario), 6 juin 2003 – Ce n’est que depuis peu d’années que le compostage est considéré comme un mode de gestion viable du fumier de porc. Aujourd’hui encore, on pense que cette pratique s’accompagne d’une plus forte consommation de main-d’oeuvre et de coûts plus élevés que les méthodes traditionnelles de manutention du lisier.

« Même s’il est vrai que le compostage ne cadre pas bien avec le système d’élevage classique, il peut tenir une place d’importance en production porcine, a déclaré le Dr Katherine Buckley, du Centre de recherches d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) situé à Brandon, au Manitoba. Lorsque des truies taries et des porcs de croissance/finition sont logés dans des installations où la litière ou l’absorbant sont faits de paille ou de rognures de bois, le compostage est une solution naturelle aux problèmes de manutention du fumier. »

Le compostage s’entend de la décomposition aérobie (en présence d’oxygène) du fumier ou d’autres substances organiques à des températures de 40-65° C (104-149° F). La nature fournit une vaste population de micro-organismes qui sont communément attachés à tous les déchets organiques. Lorsque les conditions sont propices, ces microbes croissent et prolifèrent en décomposant la substance à laquelle ils sont attachés. D’un point de vue scientifique, le compostage « actif » est lancé et géré dans des conditions environnementales contrôlées.

La gestion de l’humidité, de l’air, du carbone et de l’azote, dans les bonnes proportions, aboutira à un compostage rapide. La bonne préparation du site est un autre aspect à considérer pour réduire au minimum l’arrêt des activités de compostage en raison des conditions météorologiques et pour prévenir les effets environnementaux sur les eaux superficielles et souterraines.

D’après le Dr Buckley, le matériel composté devient relativement stable et utile après 12 à 13 semaines de compostage actif. Inodore, d’une texture fine et d’une faible humidité, il peut servir à des fins agricoles ou non, en dégageant peu d’odeurs ou en ne facilitant pas la prolifération des mouches. Le processus accroît la valeur du fumier brut en détruisant les pathogènes et les graines de mauvaises herbes et en créant un milieu propice à la production et à la prolifération d’organismes utiles.

Lorsqu’il est bien géré, le compostage améliore les caractéristiques de manutention de n’importe quel résidu organique en diminuant son humidité, son volume et son poids. Le compostage donne un produit riche en éléments nutritifs, qui conserve la qualité du sol d’une façon impossible à atteindre avec les engrais chimiques.

Des études sont actuellement en cours pour déterminer les avantages de l’utilisation du fumier de porc ou de bovin à titre d’engrais dans les systèmes culturaux annuels. L’équipe de recherche d’AAC à Brandon s’intéresse plus précisément à la transformation des éléments nutritifs et à l’efficacité de l’assimilation de ces éléments, aux effets à long terme sur le rendement et la qualité des cultures et sur la qualité du sol, ainsi qu’aux besoins énergétiques de diverses pratiques de manutention du fumier.

La réduction du poids et de la masse du fumier par le compostage améliore ses caractéristiques de manutention, car le produit est facilement entreposé et appliqué au bon moment durant l’année, car son azote organique est moins vulnérable au lessivage et à d’autres pertes d’ammoniac.

« Le compostage produit un excellent conditionneur de sol qui apporte de la matière organique, améliore la structure du sol, augmente sa capacité de rétention d’eau, réduit les besoins en engrais ainsi que le potentiel d’érosion du sol, a déclaré le Dr Buckley. De nombreux débouchés s’ouvrent au fumier composté, notamment chez les jardiniers privés, les paysagistes, les maraîchers, les producteurs de gazon, les exploitants de terrains de golf et les producteurs de plantes ornementales. »

Le Centre de recherches d’AAC situé à Brandon procède à des travaux de R et D sur la gestion durable des ressources en sol, en végétaux et en bétail. Ses travaux contribuent à garantir la salubrité, la qualité et l’aptitude à la commercialisation de la production agricole de la prairie-parc, une vaste région agroécologique des Prairies canadiennes.

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux admettent que la viabilité et la rentabilité à long terme de l’agriculture dépendent de pratiques respectueuses de l’environnement. Grâce au Cadre stratégique pour l’agriculture, AAC et d’autres ministères de l’agriculture encouragent les agriculteurs à conserver de bonnes pratiques environnementales, comme le compostage, pour accroître la rentabilité et entretenir un lien d’importance avec les consommateurs de plus en plus soucieux du respect de l’environnement.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Centre de recherche de Brandon
http://res2.agr.ca/brandon/

Commentaires