Le ministre canadien de l’agriculture critique vertement le U.S. Farm Bill

Ottawa (Ontario), 30 avril 2002 – Plutôt que de permettre aux agriculteurs des É.-U. de récolter les bienfaits de la libéralisation du commerce, le nouveau projet de loi américain sur l’agriculture (U.S. Farm Bill) les encouragera à accepter l’aide du Trésor américain. C’est ce que prédit le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, M. Lyle Vanclief.

« Ce qui se cache dans les détails est de très mauvais augure, a affirmé le ministre Vanclief, pour exprimer son inquiétude et sa frustration au sujet du projet de loi. Selon la secrétaire américaine à l’Agriculture, MmeAnn Veneman, ce projet de loi est fondé sur les conditions du marché. Il s’agit plutôt, selon moi, d’un projet de loi basé sur l’envoi de fonds par la poste. »

Le 26 avril 2002, un Congressional Conference Committee formé de sénateurs et de représentants importants a annoncé que la version définitive du projet de loi avait été acceptée. Les détails commencent maintenant à faire surface. Le projet de loi figera pendant six ans un niveau élevé de soutien faussant les échanges pour les produits agricoles les plus importants et introduira de nouvelles mesures de soutien pour certaines légumineuses (pois secs, lentilles et petits pois chiche).

« L’accent mis sur les subventions fondées sur le prix et l’introduction d’exigences concernant l’inscription du nom du pays d’origine sur les étiquettes s’apparente davantage à une visée protectionniste qu’à la libéralisation des échanges. Je ne manquerai pas de faire valoir ce point auprès de la secrétaire américaine à l’agriculture, Mme Ann Veneman, lors de notre rencontre à Ottawa plus tard cette semaine, a fait savoir M. Vanclief. Comme je l’ai dit en revenant de Washington au début du mois, le Canada et d’autres pays sont d’avis que la version finale du projet de loi agricole des États-Unis doit être l’exemple dont les pays participant au commerce mondial, et plus particulièrement les pays en développement, ont grandement besoin.

« Nous voulons un environnement qui permette aux producteurs canadiens de concurrencer sur les marchés internationaux sur la base des avantages comparatifs de leurs produits. L’aide financière versée par les trésors publics provoquera un désordre complet sur les marchés internationaux, a ajouté M. Vanclief. Il est triste de constater que les agriculteurs américains demandent de se réfugier sous le giron de l’État. »

Le projet de loi met sérieusement en doute la crédibilité des É.-U. dans la série de négociations de l’OMC en cours. Nous étudions les incidences globales de ce nouveau projet de loi au fur et à mesure que d’autres détails font surface. Selon les conclusions de cette analyse, nous déciderons de la meilleure façon de défendre les intérêts des producteurs canadiens », de conclure M. Vanclief.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

United States Department of Agriculture (USDA)

http://www.usda.gov/

Commentaires