Le PIB de la zone euro en hausse de 0,1% au 2e trimestre

Bruxelles (Belgique), 11 octobre 2001 – L’économie de la zone euro a quasiment stagné au deuxième trimestre, ont confirmé les chiffres publiés par Eurostat.

Le Produit intérieur brut n’a enregistré qu’une croissance de 0,1% par rapport au premier trimestre, donnant une hausse de 1,7% sur douze mois, a annoncé l’agence de la statistique européenne, confirmant en deuxième publication les chiffres avancés il y a près d’un mois.

Une révision à la baisse de la consommation des ménages, principal moteur de la croissance des douze pays de la zone euro, a retenu l’attention des analystes, mais ce tassement a été compensé par un recul finalement moins marqué des investissements et des exportations.

Mardi, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Pedro Solbes, avait estimé qu’un rebond ne serait peut-être pas au rendez-vous d’ici la fin de l’année et avait prévu une croissance nettement en dessous des 2%.

Jeudi, lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion bimensuelle de la Banque centrale européenne, son président Wim Duisenberg s’est également montré prudent, tout en pronostiquant une reprise en 2002.

« Nous pensons réellement que la croissance continuera à ralentir cette année et reprendra l’an prochain », a-t-il dit.

« Mais une reprise de la croissance n’est pas synonyme de croissance forte et celle-ci sera relativement modeste », a-t-il ajouté.

« En ce qui concerne la croissance économique, il serait prématuré de publier un état des lieux sur l’impact des attentats aux Etats-Unis et des actions en cours pour combattre le terrorisme », a estimé Duisenberg.

Il a ajouté que la baisse récente des cours pétroliers devrait permettre de mieux contenir les pressions inflationnistes.

« Le chiffre global est inchangé mais le rapport entre les éléments du PIB est moins favorable qu’initialement annoncé », commente Robert Prior-Wandesforde, économiste chez HSBC, à Londres.

Pour l’ensemble des quinze pays de l’Union européenne, la croissance du PIB a également été confirmée à 0,1% au deuxième trimestre par rapport au premier, mais le taux annuel a été révisé en hausse à 1,8% contre 1,7% précédemment.

Le PIB de la zone euro et de l’UE avait crû de 0,5% au premier trimestre de cette année. Sur douze mois, le PIB de la zone euro s’était inscrit en hausse de 2,4% au premier trimestre, et celui de l’UE en hausse de 2,5%.

Les chiffres français « positifs »

L’analyse montre que la consommation des ménages a baissé d’un trimestre à l’autre tant dans la zone euro que dans l’UE tout entière.

En deuxième parution, la consommation des ménages s’inscrit en hausse de 0,4% seulement au deuxième trimestre dans la zone euro (contre 0,6% en première estimation), et en hausse de 0,5% dans l’ensemble de l’UE (contre 0,7%).

Le tassement des investissements et des exportations est moindre qu’annoncé précédemment.

Les investissements ont baissé de 0,4% dans la zone euro, soit finalement deux fois moins qu’en première parution, et les exportations ont fléchi de 0,8% au lieu de 1,2% précédemment estimé.

Eurostat précise que les taux de croissance les plus élevés ont été relevés dans les services financiers et les activités commerciales. Les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et du bâtiment ont tous enregistré une contraction, le BTP s’avérant le plus faible.

Une ventilation par pays montre qu’à l’exception des Pays-Bas, la croissance de l’activité économique a ralenti dans tous les pays de la zone euro pour lesquels des chiffres étaient disponibles.

Le PIB de l’Allemagne, la première économie de la zone euro, a stagné au deuxième trimestre, donnant une croissance de 0,6% seulement sur un an.

Le PIB de la France a enregistré une hausse de 0,3% d’un trimestre à l’autre et de 2,3% sur un an, ce qui a amené Wim Duisenberg à remarquer que les chiffres français étaient positifs pour les perspectives de la zone euro.

Source : Reuters

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