Le prix du maïs déterminera la présidence américaine ?

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Bryce Knoor, analyste pour Farm Futures était conférencier à la journée champêtre de la Tournée des grandes cultures

« Si le prix du maïs est élevé, Donald Trump remportera la Maison-Blanche. Si le prix est bas, ce sera Hillary Clinton ! », a lancé Bryce Knorr, Farm Futures, un des analystes américains des marchés agricoles les plus chevronnés et un des invités vedettes à la journée des conférences de la Tournée des grandes cultures.

En faisant cette prévision, Bryce Knorr faisait un clin d’œil à tous ceux qui jonglent avec les chiffres  pour « faire dire n’importe quoi aux statistiques ».  N’empêche. L’analyste posait la question que tout le monde à en tête : quelle sera la récolte américaine du petit grain jaune?

« Si la récolte américaine est plus élevée que 15 milliards de boisseaux, le prix tournera plus autour de 2,00 $ US/boisseau que 3,00 $ US/boisseau », a indiqué l’expert. Cette prédiction tient compte des stocks de maïs élevés et l’absence de demande chinoise – le gouvernement chinois a un surplus équivalent à une année de récolte sur les bras. Mais d’autres facteurs comptent aussi dans cette estimation, comme la hausse possible des taux d’intérêt par la Banque centrale américaine. Cette hausse pourrait faire grimper la valeur du dollar américain, rendre le grain américain moins compétitif, gonfler les stocks et tirer prix vers le bas.

C’est aussi la Chine qui va déterminer le prix du soya puisque l’Empire du Milieu importe près des deux tiers du volume transigé sur le marché international. Si les États-Unis exportaient 85 % de cet oléagineux dans les années 1977, sa part de marché a fondu à 38 % tandis que le géant vert brésilien a augmenté la sienne à 48 % et celle de l’Argentine, à 8 %. Dépendant si les Chinois sont acheteurs ou non, de l’importance des récoltes américaines et de celles des deux pays sud-américains ainsi que de l’état des stocks, l’expert entrevoit selon ses modèles un prix oscillant de 9,68 $ US/boisseau à 13, 16 $ US/boisseau.

Quant au blé, le marché mondial est déprimé parce qu’il y en a trop : son prix est à son plus bas depuis dix ans. Les États-Unis comme le Canada ne sont plus de grands joueurs et la production se fait aujourd’hui en Russie et dans les pays de l’ex-URSS dont l’Ukraine, avantagés géographiquement, car plus près des grands importateurs, comme l’Égypte.

Ces prévisions sont sujettes à changer selon l’état de l’économie mondiale, le cours du pétrole, et l’avènement de la petite sœur d’El Nino, la Nina, jusqu’au jour où les récoltes seront engrangées dans les silos. Pour les parieurs, il faudra attendre les élections américaines du 8 novembre 2016 pour voir de quelle façon le prix du maïs a influencé celui ou celle qui remplacera Barack Obama. Et si M. Knorr avait raison.

Bryce Knorr, Farm Futures

Bryce Knorr, Farm Futures

à propos de l'auteur

Journaliste, photographe et agroéconomiste

Nicolas Mesly

Nicolas Mesly est agroéconomiste, journaliste et photographe spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

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