Le soya transgénique augmenterait l’utilisation des herbicides et diminuerait les rendements

Montréal (Québec), 3 mai 2001 ­ Un rapport scientifique rendu publique par le professeur Charles M. Benbrook du Northwest Science and Environmental Policy Centre confirme les craintes de Greenpeace sur les risques associés aux plantes transgéniques. Le rapport fait une étude détaillée de la culture du soja Roundup Ready (RR) modifié génétiquement par Monsanto pour résister à l’herbicide glyphosate. En autre le rapport révèle que :

  • le soja RR nécessite plus d’herbicides que le soja conventionnel non-transgénique malgré ce que disent les compagnies. En 1998, l’utilisation totale d’herbicides sur le soja RR fut en moyenne de 30% supérieur dans 6 états américains, dont l’Iowa qui produit environ le sixième de la production américaine de soja.
  • le soja RR et l’utilisation accrue d’herbicides entraîne rapidement une perte d’efficacité dans la lutte contre les mauvaises herbes car ces dernières augmentent leur résistance au Roundup.
  • les rendements du soja transgénique RR comparativement au soja conventionnel sont inférieurs de 2,3 % à 6,1 %. Dans certains cas, comme en Iowa, les rendement du soja RR sont de 19 % inférieurs! Ces rendements inférieurs du soja RR résultent en partie de la modification génétique qui peut entraver le développement des racines et la fixation de nitrate, notamment en période de sécheresse.

Dans son rapport le professeur Benbrook tire trois grandes conclusions :

  • La modification génétique d’une plante pour rendre une plante résistante à un seul herbicide crée des problèmes trés sérieux. Ce type de modification génétique vise en fait à augmenter la dépendance des agriculteurs aux herbicides ;
  • le cas du soja RR démontre que la transgénèse engendre des conséquences inattendues comme le ralentissement du développement racinaire et une réduction de la capacité de fixation du nitrate ;
  • l’absence de recherches indépendantes sur les conséquences du soja transgénique RR sur les écosystèmes et les mécanismes de défense des plantes compromet l’innocuité de l’agriculture.

« Le rapport du professeur Benbrook confirme les craintes exprimées par Greenpeace », déclare Éric Darier, responsable de campagne OGM pour Greenpeace. « En plus de ne pas avoir étudié les conséquences environnementales des OGM avant leur autorisation et leur commercialisation, les semences OGM augmentent l’utilisation des herbicides et affichent des rendements inférieurs », ajoute-il. « La seule chose responsable à faire est d’arrêter la dissémination des OGM dans l’environnement car ils sont nuisibles pour l’environnement, les agriculteurs et les consommateurs », conclut Éric Darier.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

Monsanto

http://www.monsanto.com/

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