Électricité : une décision qui met en péril le développement de la serriculture

Longueuil (Québec), 18 août 2004 – Les producteurs en serre qui utilisent l’électricité bi-énergie (BT) pour le chauffage de leurs serres se verront retirer leur tarif dès avril 2006, suite à une décision de la Régie de l’énergie rendue plus tôt cette semaine. Et ce malgré la démonstrationeffectuée par le Syndicat des producteurs en serre du Québec (SPSQ), devant laRégie, sur les conséquences au niveau de fermetures d’entreprises et de mise àpied de travailleurs. Un tel impact s’explique par des coûts d’énergiereprésentant en moyenne 20 % des coûts d’une entreprise serricole.

En perdant ce tarif, les 60 producteurs en serre du Québec qui enbénéficiaient perdent ainsi leur dernier avantage concurrentiel au niveau dela production en serre. L’Ontario dispose de tarifs de gaz jusqu’à 50 % moinsélevé tout comme la Colombie-Britannique. Ce même gaz ne coûte presque rien enAlberta où en plus les taxes sont pratiquement nulles. Les produits de serrede ces provinces envahissent le marché québécois et nord-américain.

« Si on perd les seuls avantages que nous avons et qu’en plus nousdemeurons la province où les contraintes fiscales et administratives sont lesplus importantes, comment espérer rivaliser avec les autres provinces ? » sedemande André Mousseau, président du SPSQ.

M. Mousseau ne déplore pas seulement la décision de la Régie, dont lemandat est d’appliquer une Loi édictée par le gouvernement, mais surtout lemanque global de vision des intervenants concernés. Des cycles de surplusd’électricité vont probablement se reproduire, tout comme par le passé, et iln’existe dorénavant plus de mécanisme pour transférer cette électricité versles secteurs de pointe générateurs d’emplois, tel la serriculture. Unkilowattheure génère 200 fois plus d’emplois dans l’agro-alimentaire que dansles alumineries.

Toujours selon M. Mousseau, si on veut éviter le pire, le gouvernement etHydro-Québec doivent de façon urgente encourager l’amélioration del’efficacité énergétique du secteur. « Diminuer nos coûts en améliorant notreefficacité énergétique demande des mesures plus musclées et adaptées à notresecteur. Il faut rapidement tester les nouvelles technologies disponibles etdavantage soutenir les serristes dans la mise en place de ces technologiesdans leurs entreprises », soutient fermement le président du SPSQ.

« Au moins la Régie permet une transition plus longue pour nos serristesqui utilisent le BT pour l’éclairage de photosynthèse, ceux-ci n’ayant aucuneautre source d’énergie de remplacement pour faire fonctionner leurs lampes »,tente de conclure André Mousseau sur une note plus optimiste.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Régie de l’énergie
http://www.regie-energie.qc.ca/

Syndicat des producteurs en serre du Québec (SPSQ)
http://www.fihoq.qc.ca/html/spsq.html

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