Les producteurs de porcs américains encaisseront des pertes

Le Mexique impose depuis le 5 juin dernier des tarifs douaniers sur les produits du porc provenant des États-Unis. La mesure se veut une réplique aux tarifs américains sur les importations d’acier et aluminium, mesure qui affecte aussi les Canada et l’Union européenne.

La US Meat Export Federation (USMEF) a voulu évaluer les pertes pour les producteurs américains. Selon ses calculs, l’industrie américaine pourrait subir des pertes de 300M $US pour le reste de l’année alors que le montant grimpe à 600 millions sur une période de 12 mois. Les tarifs doivent passer de 0% à 10% jusqu’au 5 juillet. Après cette date, ils grimperont à 20%, ce qui revient à annuler les bénéfices liés à l’ALENA, estime l’organisme. Le Mexique est le plus important importateur de porc américain avec 40% de la production vendue dans le pays.

Les tarifs représentent une opportunité pour d’autres pays producteurs. Le Canada exporte toutefois la quasi-totalité de ses jambons au Mexique. L’Union européenne voit ce marché avec optimisme, surtout que l’entente de libre-échange entre le Mexique et l’UE doit entrer en vigueur en 2020. La part de marché des produits américains au Mexique pourrait passer de 90% au 1er trimestre à 75% pour la seconde moitié de l’année, ou 60 000 tonnes de moins en exportations pour le reste de 2018, une valeur de 100M $US.

Puisque le marché domestique américain devra absorber les quantités habituellement dévolues au Mexique, les pertes estimées pour l’industrie sont de plus de 300M $US pour le reste de 2018 et de 600M $US pour la prochaine année. Le USMEF estime que ces montants pourraient grimper à 425M $US pour la période de six mois et à 875M $US pour un an.

Le Mexique pourrait aussi se tourner vers le Brésil pour ses besoins en viande de porc, dont 75% de ses importations américaines sont utilisés pour la transformation. Il faudrait toutefois que le pays lève les restrictions en lien avec la fièvre aphteuse et approuve les usines de porc brésiliennes. L’avantage concurrentiel du Brésil serait aussi à renégocier avec la fin de l’année 2018 qui remet en place certains tarifs pour les importations brésiliennes au Mexique.

Source: National Hog Farmer

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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