Les 2/3 des fermes respectent les exigences environnementales de 2010

Québec (Québec), 13 novembre 2003 – La ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Mme Françoise Gauthier, a rendu publics les résultats des bancs d’essai agroenvironnementaux que son ministère a effectués dans quatre régions du Québec au cours des derniers mois. Ces bancs d’essai montrent que 63 % des entreprises agricoles participantes respectent les exigences de 2010 du Règlement sur les exploitations agricoles (REA) du ministère de l’Environnement en matière de gestion du phosphore. Autre fait à noter, l’application des mesures agroenvironnementales proposées par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), dans le cadre de son Plan d’accompagnement ferme par ferme, permettra aux autres entreprises agricoles d’en faire autant.

Ces bancs d’essai visaient à établir un diagnostic environnemental pour chaque ferme participante et à tester l’approche d’accompagnement ferme par ferme proposée par le Ministère. Les municipalités où ils ont été réalisés sont situées dans des zones d’activités limitées (ZAL), donc considérées en surplus de phosphore. Les municipalités retenues sont celles de Saints?Anges en Chaudière-Appalaches, de Sainte-Hélène-de-Bagot en Montérégie-Est, de Saint-Edmond-de-Grantham dans le Centre-du-Québec et de Saint-Esprit, dans Lanaudière. Au total, sur les 209 entreprises sélectionnées dans l’échantillonnage, 184 se sont prêtées à l’exercice. Les activités de ces entreprises se répartissent comme suit : production porcine (60 entreprises); production laitière (37); production bovine (26); production avicole (17); grandes cultures (17); production maraîchère (10); productions diverses (17).

Le diagnostic
Les données obtenues par le Ministère révèlent que la quantité de phosphore produite par les entreprises agricoles participantes excède en moyenne de 4 % la capacité de réception des sols des municipalités où elles se situent. Cette évaluation des surplus est inférieure à celle qui avait été faite lors des estimations antérieures. Cela s’explique notamment par le fait que le nouveau calcul s’appuie sur des valeurs réelles pour chaque entreprise et qu’il tient compte des pratiques agricoles véritablement utilisées par les producteurs. La charge de phosphore observée dans ces bancs d’essai tient compte également des transferts de fumiers et de lisiers découlant d’ententes d’épandage ainsi que de l’utilisation d’engrais minéraux.

Dans les municipalités de Saint-Edmond et de Saints-Anges, les bilans sont négatifs, c’est-à-dire que la charge de phosphore produite par les fermes est inférieure à la capacité de réception des sols selon le REA. Dans les cas de Sainte-Hélène et de Saint-Esprit, la charge est toutefois supérieure à la capacité de réception des sols. Les producteurs de Sainte-Hélène appliquent 116 % de la capacité de réception et ceux de Saint-Esprit, 111 % de celle-ci. En réduisant leur utilisation d’engrais minéraux, ces deux dernières municipalités pourraient cependant équilibrer leur bilan.

Globalement, les bancs d’essai montrent que 93 % des entreprises participantes satisfont aux exigences de réduction de l’application de phosphore pour l’année 2005. Quatre-vingt-cinq pour cent des entreprises satisfont aux exigences de 2008 et 63 % d’entre elles, à celles de 2010.

Notons que le cheptel global des entreprises étudiées est inférieur de 5 % à celui autorisé par le ministère de l’Environnement. Cependant, à l’échelle de chaque entreprise, 13 % des fermes de production animale dépassent leur droit d’exploitation selon les dispositions du REA. L’amélioration des performances zootechniques au fil des ans, sans ajustement correspondant aux autorisations, explique plusieurs de ces dépassements.

L’accompagnement ferme par ferme : des mesures adaptées à chaque situation
L’ expérimentation faite au cours des bancs d’essai est par ailleurs très concluante. En effet, tous les cas de surplus peuvent être réglés à l’aide des mesures agroenvironnementales proposées par le Ministère dans le cadre de son Plan d’accompagnement ferme par ferme.

Les solutions techniques analysées et proposées par le Ministère peuvent être classées en trois niveaux. Le premier niveau vise la réduction de la charge de phosphore, notamment par le respect du cheptel autorisé, la diminution de l’utilisation d’engrais minéraux et la réduction du phosphore dans l’alimentation. Le deuxième niveau vise l’augmentation de la capacité de disposition du phosphore. On pense ici principalement à l’utilisation de terres cultivées appartenant à l’agriculteur et qui ne reçoivent pas d’engrais de ferme, à la modification des plans agroenvironnementaux de fertilisation (choix de cultures, diversification de la rotation des cultures, etc.) et aux ententes d’épandage. Enfin les solutions de troisième niveau, plus exigeantes, touchent la location et l’achat de terres, le traitement des fumiers et des lisiers, la réduction du cheptel, etc., selon le choix des producteurs.

Grâce à l’expérimentation réalisée lors de ces bancs d’essai, on a pu constater que l’utilisation des solutions de premier et de deuxième niveau permettrait aux entreprises participantes qui ont des surplus de phosphore de les résorber et ainsi de satisfaire aux nouvelles exigences environnementales. Les mesures de troisième niveau pourraient cependant se révéler nécessaires pour des entreprises situées dans des municipalités où la problématique environnementale est plus importante que dans celles retenues pour les bancs d’essai.

Pour la ministre Françoise Gauthier, « l’expérience confirme la pertinence d’une approche ferme par ferme. Elle démontre aussi l’importance d’obtenir le portrait réel de chaque entreprise ». En plus de bien évaluer le phosphore produit par l’exploitation, cette approche permet aux entreprises d’examiner les possibilités d’en réduire la quantité à toutes les étapes de la production.

La ministre a également souligné l’importance du service-conseil personnalisé qui permet de proposer une approche technique adaptée à chaque situation. « Notre démarche d’accompagnement ferme par ferme se révélera donc très efficace pour faire cheminer chaque entreprise vers une agriculture durable », a-t-elle conclu.

Le rapport sur les bancs d’essai en agroenvironnement peut être consulté sur le site Internet du MAPAQ.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Ministère de l’Environnement du Québec
http://www.menv.gouv.qc.ca

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