Les agriculteurs bio accusent Paris de bouder les opportunités bruxelloises

Larmor-Baden (France), 1er avril 2005 – Les agriculteurs bio français ont réclamé lors de leur assemblée générale annuelle un signal fort de Paris, accusé de ne « pas saisir les opportunités offertes par Bruxelles » pour relancer une production bio française qui s’essouffle malgré la hausse de la demande.

La Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), qui a achevé jeudi soir à Larmor-Baden (Morbihan) son assemblée annuelle, demande une « rémunération de reconnaissance » pour les exploitants bio, justifiée selon elle par les économies sur l’eau non polluée, la santé publique et les emplois créés.

Jusqu’à présent les aides sont limitées en France à la seule période de passage de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique.

La création de cette aide serait un « signal sans lequel tout va s’effondrer », selon Jacques Caplat, chargé des politiques agricoles à la FNAB, qui revendique 6.000 adhérents sur 11 000 exploitations bio, pour un total de 600.000 exploitations agricoles en France.

Cette aide au maintien, dont la FNAB estime le coût pour une première année à 118 millions d’euros, existe déjà dans plusieurs pays de l’Union européenne.

Pionnière dans les années 70, l’agriculture biologique française est tombée au 13e rang européen. Les surfaces bio plafonnent à 2% de la surface agricole utile contre 15% en Autriche. En 2004, la superficie de culture bio a même reculé de 4%, après avoir été multipliée par cinq ces dix dernières années.

Pourtant, 44% des Français ont consommé des produits bio en 2004 contre 37% en 2003, selon une enquête CSA, et ce malgré des prix supérieurs de 20 à 30% aux produits traditionnels. Résultat : la moitié du bio consommé en France est importé.

« Les autres pays ont profité des mesures prises à partir de 1993 à Bruxelles pour financer » une aide au maintien, selon Dominique Vérot, délégué général adjoint de la FNAB.

L’UE finance à hauteur de 50% ce type de politique, selon la FNAB. La France finance une partie de l’aide à la conversion (35 millions EUR en 2005) avec cette disposition.

« Bruxelles a une volonté politique assez nette » de prise en compte de l’environnement mais « refuse de légiférer en la matière : cela fait partie des programmes subsidiaires », a regretté Henri Thépaut, président de la FNAB élu à Larmor-Baden.

L’aide au maintien « fait partie des dossiers qu’on examine », répond Pascal Viné, représentant le ministère de l’Agriculture à l’AG.

« Nous sommes les mauvais élèves européens » sous la pression du lobby français de l’agriculture intensive, a regretté Pascale Loget, vice-présidente (Verts) du conseil régional de Bretagne, qui prône une régionalisation de l’enveloppe bruxelloise pour financer une aide au maintien.

Source : AFP

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